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Sur les marchés

IPO d’Axa aux Etats-Unis : une belle occasion manquée

Axa Equitable, la filiale américaine de l’assureur, a signé la plus grosse IPO de l’année aux Etats-Unis hier mais a finalement levé bien moins que prévu, soit 2,75 milliards de dollars. Un signe que les investisseurs sont très sélectifs, mais aussi qu’ils n’adhèrent pas au rachat de XL.
AXA
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Ce devait être le moment de grâce pour Axa, l’entrée triomphante sur le marché américain. Las, l’introduction en Bourse d’Axa Equitable, sa filiale américaine d’assurance-vie, épargne et retraite et qui détient sa part dans AllianceBernstein, a déçu les espoirs de l’assureur français : jeudi, l’action a été mise à prix à 20 dollars, soit bien en dessous de la fourchette de 24 à 27 dollars établie par les banques teneuses de livres – JP Morgan, Morgan Stanley, Barclays et Citigroup - en avril. Elle a donc levé 2,75 milliards de dollars, soit la plus grosse IPO depuis celle de Snap en mars 2017, mais inférieure de 1 milliard au prix maximum envisagé. Un raté notable puisque selon Dealogic, seules 10% des IPO américaines depuis 2010 ont été fixées aussi loin de leurs premières estimations. En outre, le titre est resté stable lors de sa première journée de cotation, alors même que les IPO ont en moyenne terminé en hausse de 13% depuis le début de l’année, toujours selon Dealogic.

 

Cette contrevenue peut s’expliquer de plusieurs façons. Si le CEO d’Axa Equitable, Mark Pearson, a insisté sur CNBC sur l’activité historique du groupe depuis 156 ans pour organiser les retraites des américains et l’opportunité du secteur – 10.000 américains atteignent les 65 ans chaque jour, a-t-il rappelé – les investisseurs sont quant à eux plus dubitatifs sur le rendement de l’assurance-vie, dans un contexte de taux bas. Par ailleurs, plusieurs assureurs comme Prudential ou MetLife ont publié des résultats décevants, qui ont refroidi les ardeurs du marché, d’autant que les financières devraient pâtir de la normalisation progressive des taux par la Fed.

 

Mais surtout, ils ont remis cette opération dans le contexte de l’acquisition à 15,3 milliards de dollars de XL par sa maison-mère. Une opération jugée très onéreuse par le marché et qui obligeait Axa à mettre en œuvre cette IPO pour le financer, même si ses résultats s’avéraient décevants. Or, le marché n’aime rien de moins que des acteurs acculés à vendre. « Les investisseurs ont réalisé que le deal devait être fait. Ils avaient le dessus », a analysé Kathleen Smith, principal chez Renaissance sur CNBC.

 

Pas de raisons de paniquer pour autant : « Nous avons désormais complètement sécurisé le financement de l’acquisition de XL Group », a certifié Thomas Buberl, le directeur général d’Axa. L’assureur a déjà tiré 3,2 milliards de dollars de la réorganisation de ses activités US et a aussi fixé les modalités de ses 750 millions de dollars d’obligations échangeables en titres Axa Equitable, avec un taux d’intérêt fixe de 7,25%. Et continue ainsi son travail de repositionnement et de réduction des risques, qui le conduira à céder au fil de l’eau les 75% qu’il garde encore dans Axa Equitable aux Etats-Unis.

 

 

 

 

 

 

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