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Patrick Drahi et Alain Weill font cause commune

Patrick Drahi et Alain Weill s'associent pour lancer une OPA sur NextRadioTV. Ce dernier est surtout pressenti pour diriger toutes les futures opérations médias d'Altice. Il aura à ses côtés un groupe ambitieux et aux poches profondes.
Drahi Weill
Drahi Weill

En attendant sa prochaine acquisition dans les télécoms, Patrick Drahi est plus que jamais actif du côté des médias. Après être entré en négociations exclusives vendredi pour racheter Stratégies, Coiffure de Paris et Cosmétique Mag, trois magazines très spécialisés, il s’apprête à lancer une OPA sur NextRadioTV, le groupe d’Alain Weill. L’opération s’apparente au schéma de la fusée à trois étages. L’OPA est en effet lancée par un holding créé pour l’occasion et dans lequel Alain Weill aura 51% et Altice 49%. Ce dernier a toutefois des "call" exerçables en mars 2019 lui donnant la possibilité d’avoir 100% de cette structure. Entre temps, et c’est là le véritable cœur de la transaction, Alain Weill prend 24% d’une filiale médias d’Altice ayant pour vocation d’investir en France mais aussi à l’international où, compte tenu de l’état de santé de la presse, il devrait trouver de nombreuses opportunités d’achats. Pour l’heure, les acquisitions déjà réalisées au sein de Libération et de l’Express sont logées dans une autre filiale dirigée par Bernard Mourad et Marc Laufer. C’est au sein de cette entité que les dernières emplettes de magazines spécialisés doivent d’ailleurs être logées. A terme, il est toutefois évident que toutes les activités médias d’Altice seront regroupées au niveau de la filiale dans laquelle Alain Weill vient d’entrer. Il est d’ores et déjà prévu que l’homme fort de NextRadioTV devienne membre du comité de direction d’Altice et pilote l’ensemble des activités média en France mais aussi à l’international.

La mission du fondateur de BFM TV, BFM Business, du propriétaire de RMC et de différents portails internet est vaste. Il est clair qu’en lançant une OPA sur NextRadioTV, Patrick Drahi commence déjà par injecter des fonds au sein de cette entité cotée qui se veut "multi-canal", même si Alain Weill a échoué à développer la partie papier en cédant pour un euro symbolique La Tribune à sa directrice générale en 2010 après avoir lui-même obtenu le journal pour un euro avec, en prime, 45 millions d’euros de la part de Bernard Arnault, trois ans plus tôt.

Aujourd’hui, l’avenir semble plus prometteur, Alain Weill ayant à ses côtés un groupe ambitieux et aux poches profondes. Sa tâche est essentielle car il sera la cheville ouvrière du vaste projet de Patrick Drahi de bâtir un groupe de contenants et de contenus. Soit exactement ce qu’avait voulu faire, en son temps, Jean-Marie Messier. Le nouveau tycoon des télécoms parviendra-t-il, lui, à aller jusqu’au bout de ce rêve ?

D’ici là, le numéro un d’Altice ne baisse pas la garde de l’autre côté de l’Atlantique. Patrick Drahi, qui a réussi à mettre la main sur le septième câblo-opérateur Suddenlink en mai dernier, veut, plus que jamais, se faire une place parmi les grands du marché américain. Le dernier actif de poids est bien sûr T-Mobile US, que Free a tenté d’approcher mais a été balayé d’un revers de la main par son atypique patron, John Legere. Altice, qui pèse 29 milliards d’euros contre 12,5 milliards pour Iliad, a certes plus d’arguments à faire valoir et ne serait pas inquiété par les autorités de la concurrence. Mais étant donné les performances récentes de sa filiale, Deutsche Telekom n’est probablement pas pressé de vendre et pourrait exiger une prime généreuse d’au moins 30% sur un cours de Bourse qui a déjà beaucoup grimpé ces dernières semaines. A 49 dollars par titre, T-Mobile vaudrait 62 milliards de dollars dette comprise, ce qui semble très très élevé au regard de la situation d’endettement d’Altice, mais Patrick Drahi a déjà démontré avec son projet avorté sur Time Warner Cable que pour nourrir ses ambitions aux US, "sky is the limit".

A court terme, un projet plus probable pourrait être l’acquisition d’un acteur moyen tel que Cablevision ou Cox Communications, comme le groupe l’a lui-même reconnu. La semaine dernière, le cours du premier a pris plus de 7% sur les révélations de l’appétit du français et vaut désormais 7,1 milliards de dollars en Bourse. Une telle emplette permettrait à Altice de consolider sa présence sur le territoire américain, déployer les restructurations nécessaires afin de créer un acteur solide et rentable, capable de s’attaquer à un plus gros poisson, comme T-Mobile. En renonçant à surenchérir sur Time Warner Cable, Patrick Drahi a montré la sagesse de l’homme d’affaires qui sait que son heure n’est pas encore venue. S’il boucle un nouveau deal aux Etats-Unis, il aura enfin la taille critique pour s’attaquer à la cible qui a échappé à son ennemi, Xavier Niel. Sauf si d’ici là, T-Mobile accepte de se marier avec l’opérateur de satellite Dish, choisissant la même voie qu’AT&T. Ou bien si les taux d’emprunt ne lui permettent plus de mettre en place des structures financières aussi agressives qu’actuellement. Mais pour l’instant, Mario Draghi n’est pas prêt d’arrêter son bazooka de cash.

 

 

 

 

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