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Epargne : L’innovation a du mal à s’imposer auprès des français
La société de gestion Legg Mason a publié sa cinquième édition de l’étude annuelle "Global Investment Survey" sur l’impact de la technologie dans la gestion financière. Le groupe a réalisé une enquête dans 17 pays en différenciant trois groupes d’individus interrogés, les Millennials – appelés aussi génération Y- âgés de 18 à 35 ans ; la génération X âgée de 36 à 52 ans et enfin les baby-boomers âgés de 53 à 71 ans. Au total, 15.300 individus ont été interrogés, avec pour chaque pays des échantillons représentatifs de 900 personnes.
D’après les résultats de l’enquête, de nombreuses disparités géographiques persistent quant à l’utilisation du numérique en finance. En effet, les investisseurs américains et européens sont bien moins enclins à intégrer la technologie pour investir (33% au Japon, 42% en France et 49% en Belgique) alors qu’ils sont beaucoup plus adeptes de ces nouveaux canaux dans les pays émergents (76% à Taiwan, 72% au Mexique et 71% au Brésil). Et le seul pays où plus de la moitié des investisseurs utilise des applications financières est la Chine (52%), suivie de très près par Taïwan et le Brésil qui affichent tous deux un taux de 49%. L’Europe quant à elle ne dépasse pas les 30%.
En termes de planification financière digitale,la France est clairement le maillon faible : seuls 42% des français vont chercher des informations financières en ligne, contre 59% à l’échelle mondiale. "Ces chiffres sont les plus bas d’Europe et placent la France à l’avant-dernier rang mondial, avant le Japon" souligne l’étude. Et, si les investisseurs des pays développés ne mènent pas la compétition technologique c’est que les habitudes liées à la bureautique traditionnelle sont encore très ancrées, de sorte qu’ils préfèrent effectuer ces opérations sur un ordinateur plutôt que sur un smartphone. Or, "les investisseurs des marchés émergents ont sauté l’étape des ordinateurs de bureau pour passer directement à l’accès Internet via leurs smartphones", souligne Vincent Passa, l’actuel directeur de Legg Mason France.
Par ailleurs, même en Asie où les chiffres sont les plus hauts, l’utilisation de la technologie dans la décision d’investissement est encore loin de faire l’unanimité. L’enquête révèle en effet que 60% des participants estiment qu’un service personnalisé ne pourra jamais être totalement remplacé par une machine. Malgré l’essor considérable des robots-conseillers et de l’investissement autonome, la majorité des investisseurs mondiaux pense toujours que le contact humain est irremplaçable. Et étonnamment, ces chiffres ne sont pas très disparates en fonction des générations interrogées. Parmi la génération Y, ils sont 61% à affirmer que "la technologie est un formidable outil mais qu’ils désirent néanmoins qu’un expert soit présent pour les guider". Ce chiffre atteint 71% pour la génération de baby-boomers. De nouveau, les européens et les américains sont en tête à estimer le contact humain inhérent à la décision d’investissement. D’après Vincent Passa, "une mutation aussi profonde implique une évolution de l’univers du conseil financier. A l’avenir, celui-ci reposera sur une combinaison de technologie et de conseil personnalisé et devra offrir aux investisseurs une palette complète d’outils, humains ou technologiques, pour les aider à prendre les décisions les plus appropriées".
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