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Feuilleton de l'été / Edouard de Rothschild / France Galop

Feuilleton de l'été
Edouard de Rothschild / France Galop

Edouard de Rothschild : celui qui a exprimé son destin autrement

Promis à une belle carrière au sein de la banque familiale où il a passé de nombreuses années, le fils de Guy de Rothschild a finalement changé de voie. Ce cavalier et propriétaire de chevaux de course a trouvé le moyen d’allier son métier et sa passion.
Edouard de Rothschild
Edouard de Rothschild

Edouard de Rothschild a été "exposé" très jeune enfant au monde du cheval. Le haras familial de Meautry, où il passait ses vacances d’été, et les courses auxquelles ses parents l’ont emmené, ont été autant d’éléments déclencheurs de la passion de celui qui allait devenir Président de France Galop. Le fils de Guy et Marie-Hélène de Rothschild a d’ailleurs mis très tôt le pied à l’étrier, puisque c’est à cinq ans qu’il commence à apprendre l’équitation au poney club de Deauville. Son parcours de cavalier a connu bien des péripéties dont une longue période d’abstinence, qui a en grande partie correspondu aux vingt ans qu’il a passés dans le monde des affaires. Mais, en fin de compte, celui qui était promis à une grande carrière au sein de la banque familiale a préféré "exprimer (son) destin" autrement.

Edouard de Rothschild a commencé les concours hippiques dès l’âge de 13-14 ans, jusqu’à arriver en finale du Championnat de France junior. Mais ce jour-là, envahi par le stress, il se trompe d’obstacle et est éliminé. Une déception qui va l’amener à déserter le dos de son animal favori pendant de nombreuses années. Après des études de droit à Paris, il s’installe aux Etats-Unis où il obtiendra un MBA Finance à l’Université de New York. Il apprend ensuite le métier de banquier d’affaires hors du giron familial avant de rejoindre Rothschild & Cie Banque en 1987, où il travaillera avec son demi-frère David et son cousin Éric de Rothschild.

"J’ai des souvenirs de grandes OPA, comme la bataille pour le contrôle des AGF entre Generali et Allianz et en même temps, à un moment donné, mi-2003, alors que cela faisait 20 ans que je travaillais dans la finance, j’ai pris une année sabbatique, notamment pour me consacrer aux sports équestres", raconte l’intéressé. "Puis, en décembre, j’ai été élu Président de France Galop pour la première fois. Un an après j’ai été impliqué dans Libération et donc l’année sabbatique est devenue permanente et je ne suis pas retourné à la banque."

France Galop, c’est l’association qui organise et contrôle la filière courses de galop en France. Lorsqu’Edouard de Rothschild y rentre, le business est florissant et sa fonction se limite alors à un rôle de représentation. Bien que battu à la fin de son mandat, il est réélu quatre ans plus tard, soit en fin d’année dernière. "France Galop a perdu 45 millions d’euros en 2015. Le PMU, qui est notre filiale, performe beaucoup moins que par le passé donc là ce n’est pas du tout une présidence honorifique, il s’agit vraiment d’un rôle de management, où il faut s’impliquer pleinement pour retrouver le chemin de la croissance et essayer, avec l’aide de tous, de sauver la filière cheval", explique-t-il.

Parallèlement, Edouard de Rothschild est également propriétaire de chevaux de course. Ces derniers ont été confiés à deux grands entraîneurs : André Fabre à Chantilly et Alex Pantall à Nantes. "Etre propriétaire de chevaux, c’est une démarche qui s’apparente à celle du collectionneur et d’ailleurs ce n’est pas un hasard si les grandes familles propriétaires de grandes collections de tableaux, comme les Wildenstein, ont été de grands propriétaires de chevaux de course", estime Edouard de Rothschild. Ce costume lui a offert l’un de ses meilleurs souvenirs équestres : celui de la victoire de son cheval Esotérique lors du Meeting de Deauville Lucien Barrière 2015.

Pour ce qui est de sa casquette de cavalier, Edouard de Rothschild a caressé pendant longtemps le rêve de participer aux Jeux Olympiques. Afin de maximiser ses chances d’aller à Londres en 2012, il est même allé jusqu’à prendre la nationalité israélienne. Il a d’ailleurs pu travailler et travaille encore avec de grands cavaliers, comme Ludger Beerbaum, ex-champion olympique, et la talentueuse brésilienne Luciana Diniz. "Finalement un champion à très haut niveau ça a quand même des points communs avec un grand patron qui gagnerait et qui réussirait dans les affaires. Il y a des gens qui sont conquérants et gagnants dans la vie et il y a les autres", commente-t-il. Aujourd’hui, à 59 ans, Edouard de Rothschild aspire néanmoins surtout à conserver l’équilibre et l’harmonie qu’il a pu trouver avec ses chevaux, qui lui ont donné beaucoup de leçons mais aussi offert de grands moments.

 

 

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