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Feuilleton de l'été

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PROMOTION SENGHOR DE L'ENA : Aurélia Lecourtier-Gégout, une femme au service de la société

Cette énarque a longuement hésité avec l’international avant de se consacrer aux problématiques du budget de l’Etat. Elle est d'ailleurs en charge aujourd’hui de la réforme de l’Etat et de ses finances à Matignon.
Aurelia Lecourtier-Gegout
Aurelia Lecourtier-Gegout

Aurélia Lecourtier-Gégout a dans son ADN le service public et l’envie d’agir pour la société. Diplômée à 20 ans de Sciences-Po, elle décide de prendre son temps. Elle poursuit d’abord des études en droit et en philosophie avant de partir pour l’autre bout du monde, au Vietnam. Elle rejoint alors pour 6 mois l’Unicef au centre d’Hanoï, qui dans les années 90 est encore très imprégné par l’économie communiste. Une expérience qui la forge non seulement à la vie à l’étranger dans un monde en dehors de toute société de consommation, mais aussi dans un monde d’expatriés. Elle fait donc ses gammes dans une grosse machine comme l’Unicef, avant de rejoindre une autre grosse machine : la Commission européenne. C’est l’époque de l’élargissement aux pays de l’Est, de la guerre au Kosovo et de la première crise existentielle de l’institution européenne. Elle passe donc 6 mois dans les arcanes de l’Europe, qui au même titre que le service public, fait partie de ses sujets de prédilection.

Après ces années de découverte de soi et du monde, tant géographique que politique et sociale, elle retourne à Sciences-Po faire un DEA de relations internationales, puis commence une thèse sur la défense en Europe et la sécurité collective. Un sujet a priori inspiré par son expérience à la Commission européenne où la guerre au Kosovo était totalement passée sous silence et ignorée dans le processus de construction de la zone. Elle croise alors ses futurs camarades de promotion, dont Emmanuel Macron, qui lui soufflent l’idée de passer l’ENA. Titillée par l’étranger, elle passe d’abord, et avec succès, le concours de cadre général du Quai d’Orsay. Elle intègre le ministère en août 2001, quinze jours avant les attentats du 11 septembre. Elle n’y restera finalement que quelques mois car admise à l’ENA, elle part en stage, d’abord sur le terrain en préfecture puis à Londres dans l’administration britannique de Tony Blair.

A la sortie de l’Ecole, elle rejoint Bercy, à la direction du budget, un sujet qui la suivra tout au long de sa carrière. Sa fibre internationale et européenne la fait travailler sur le budget des affaires étrangères, puis sur le budget européen. Elle trouve là un vrai métier, où la fonction financière qu’elle connait et maîtrise si bien est mise au profit de l’Etat. Elle passe 4 ans à Bercy, en profite pour rencontrer son mari et faire son premier enfant, avant de partir au cabinet du ministre des Affaires étrangères, à l’époque Bernard Kouchner, en tant que conseillère au budget et à la réforme de l’Etat. Un poste qui vient tout naturellement après son expérience à Bercy, mais où elle découvre les arcanes du ministère et surtout la nécessité de travailler dans une équipe qui fonctionne bien et qui se serre les coudes. Elle passe deux ans là-bas, avant de partir en congé maternité pour sa troisième fille.

A son retour, on lui propose de rejoindre le secrétariat général du gouvernement en tant que conseillère pour les affaires économiques. Un poste dans lequel elle se jette tête baissée à travailler sur les problématiques budgétaires et fiscales, importantes et nombreuses via les différentes Loi de Finances, mais aussi sur les grandes questions financières qui se posent à l’époque, tant du côté de l’Etat que de celles des banques en pleine crise. C’est tout le fonctionnement même de l’Etat et du pouvoir politique qu’elle découvre mais aussi les relations entre Matignon et l’Elysée, qui dépendent fortement du couple exécutif. Et pour y être restée du temps de Fillon, Ayrault et Valls, elle en a connu des couples Président / Premier ministre.

En 2016, elle choisit finalement de rejoindre la Cour des Comptes, comme conseillère référendaire. Un moyen aussi pour elle d’avoir plus de flexibilité pour s’occuper de sa vie familiale, agrandie d’un quatrième enfant, un garçon cette fois. Là encore, le fil rouge de la maîtrise des dépenses publiques et du prisme financier sont présents, puisqu’elle est affectée à la 1ère Chambre, celle qui s’occupe des finances publiques. Et elle, qui avait travaillé sur les Lois de Finances de plusieurs gouvernements précédents, se retrouve à auditer les comptes de l’Etat, mais aussi ceux de la Caisse des Dépôts. Elle y trouve une institution qui rejoint ses convictions à savoir communiquer avec le plus de transparence possible sur les comptes de l’Etat grâce à un vocabulaire clair et accessible à tous. Une notion de transparence et de pédagogie qui lui tient à cœur.

Finalement, en mai 2017, elle répond aux sirènes de Matignon. Cette maison qu’elle apprécie et qui correspond à sa volonté d’agir pour la société, lui propose un poste de conseillère, chef du pôle budget, réforme de l’Etat et fonction publique au cabinet d’Edouard Philippe. Une mission qu’elle s’est donnée de réussir, non seulement pour répondre aux attentes de ses concitoyens qui souhaitent que les choses changent mais aussi à l’avenir de ses enfants. Impossible pour elle de laisser pour les générations futures un Etat surendetté, non réformé et qui fonctionne sur un ancien modèle. Plus encore, en acceptant le poste, elle pense à ses filles, à qui elle montre, par son dévouement dans le travail, que les femmes ont autant de place dans la société que les hommes et qu’allier travail et famille n’est pas impossible. Autant dire, qu’elle s’est incombée une tache compliquée, tant dans son travail à vouloir réformer l’Etat et son budget que dans sa vie personnelle à montrer que femmes et hommes sont égaux. Un bon moyen de répondre à la déclaration des droits de l’Homme !

 

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