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Feuilleton de l'été

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PROMOTION SENGHOR DE L'ENA : Mireille Viora, une haute fonctionnaire passionnée par l'urbanisme et les transports

Entrée à l'ENA après avoir travaillé cinq ans à la Ville de Paris à sa sortie de Sciences Po, cette haute fonctionnaire passionnée par les questions d'urbanisation a été l'une des chevilles ouvrières du Grand Paris. Elle oeuvre désormais au sein du ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, où elle met son expertise des territoires au service du Conseil général de l’environnement et du développement durable.
Mireille VIORA
Mireille VIORA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque Mireille Viora parle de son parcours avant et après l'ENA, elle est intarissable sur le développement du fait urbain et le rôle charnière de l’État entre les différents acteurs du secteur. Le 28ème étage du ministère de l'Environnement, en plein cœur de la Défense avec vue sur l'une des plus belles capitales au monde, est donc le parfait endroit pour discuter de la carrière de cette haute fonctionnaire, spécialiste de la ville et des transports.

A sa sortie de Sciences Po Paris en 1993 après une prépa à Henri IV, cette parisienne d'origine intègre le programme interdisciplinaire de recherche sur la ville du CNRS. Elle prépare alors une thèse sur l'émergence du fait régional en Europe et travaille sur la comparaison des deux plus grandes métropoles européennes, Londres et Paris. Un an plus tard, elle rejoint justement la Ville de Paris, où elle devient directrice adjointe puis directrice d'arrondissement du Centre d'Action sociale.

Après cinq années à la Ville, la jeune femme décide de passer le concours interne de l'ENA - une filière non moins sélective que la voie d'accès externe, qui la conduit à intégrer la prestigieuse école dans la même promotion que celle d'Emmanuel Macron. Une scolarité dense, où elle passera notamment six mois à la Commission européenne auprès de Michel Barnier, alors commissaire à la politique régionale, et six mois à la préfecture de région de Bourgogne. Un souvenir du futur président ? "Je me souviens de sa curiosité de l’autre. Les promos de l’ENA sont faites de potentiels très divers. Ce que j’admire le plus chez Emmanuel, c’est sa capacité à se jeter à l’eau – qualité qu’on est prêt à s’auto-attribuer, mais qui ne se mesure que dans l’action."

A sa sortie de l'ENA, Mireille Viora rejoint le ministère des Transports, tout d'abord en tant que chef de la mission Europe et international auprès du directeur, où son passage à la Commission lui est fort utile. "Je maîtrisais le langage bruxellois, le calendrier et la logique européenne", explique cette passionnée de l'européanisation croissante de la politique des transports. Elle devient ensuite chef du bureau des services et des opérateurs ferroviaires, où elle est notamment chargée de réfléchir, au nom de l’État actionnaire, à l'évolution du modèle économique de la SNCF. Mireille Viora prend son poste au moment où l'entreprise perd son monopole sur le trafic de marchandises en France, l’occasion pour elle de susciter l’émergence de nouveaux opérateurs de proximité.

En 2008, elle prend la direction régionale adjointe de l’Équipement de la région Centre à Orléans. A tout juste 39 ans, celle qui a déjà exercé des fonctions managériales à la Ville de Paris a en charge, entre autres, la répartition de quelque 2.000 fonctionnaires du ministère œuvrant sur la région, et les questions budgétaires, peu de temps après l'entrée en vigueur définitive de la Loi organique des Finances. Une mission parfois difficile puisque le nombre de postes au niveau départemental doit être réduit drastiquement. "Depuis que je suis au service de l’État, les effectifs n'ont cessé de fondre. J'ai toujours dû travailler avec cette contrainte", explique cette adepte du yoga, du chant et du développement personnel, reconnue pour ses qualités managériales.

Mireille Viora, qui aime aussi être "là où les grandes transitions se font" et y porter sa vision stratégique, est donc enthousiaste quand on lui propose deux ans plus tard, en 2010, d'être directrice de projet du "Grand Paris". Un chantier qu'elle définit comme un "projet de transports structurant, de transformation de l’Île-de-France". Mireille Viora s'occupe de la conception de ce chantier pharaonique, de son portage auprès des grands opérateurs et de son évolution. Cette experte des transports conduit toute la phase préparatoire au débat public et à la création en juillet 2010 de la Société du Grand Paris. "Le calendrier était très rythmé car les délais étaient inscrits dans la loi", explique Mireille Viora, qui travaille sans relâche pendant quatre ans sur le projet. Elle y définit et met en place les outils du développement de grands territoires de projets en Île-de-France, et s’occupera elle-même de l’aménagement des secteurs situés à Marne la Vallée, à la direction générale des établissements publics d’aménagement.

Depuis 2015, Mireille Viora oeuvre au sein du Conseil général de l’environnement et du développement durable, où elle a mis son expertise au service de la section "Habitat, cohésion sociale et développement territorial". Un poste qui la passionne et qui lui a permis de représenter la France à la conférence de l'ONU Habitat III à Quito, un rendez-vous international qui a lieu tous les 20 ans et qui traite des problématiques métropolitaines à l'échelle de la planète. Si elle devait résumer son parcours jusqu’ici ? "J'ai souvent été choisie pour ma capacité à prendre au pied levé des postes décisionnels", conclut celle qui dit aimer "incarner pour ses équipes quelqu'un qui sait traduire les évolutions, les rendre accessibles et leur permettre de s'en saisir".

 

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