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Feuilleton de l'été

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Isabelle Loc : une pointure pour BNP Paribas

D’origine cambodgienne, elle a fait Polytechnique et Columbia « pour éviter à ses parents de payer ses études ». La passion des maths l’a fait rentrer chez BNP Paribas où elle a occupé le rôle de tour de contrôle en tant que secrétaire du comité exécutif. Portrait d’une banquière à fort potentiel.
Isabelle Loc - BNP Paribas
Isabelle Loc - BNP Paribas

C’est au bord du Lac Majeur, en Italie, qu’Isabelle Loc est partie prendre quelques jours de vacances cet été, accompagnée notamment de sa fille de 11 ans. A un moment où les grands clients industriels ont moins besoin de leurs banquiers conseils. Car depuis fin 2016 elle est senior banker de BNP Paribas, en charge d’un certain nombre de grands comptes qu’elle suit et conseille au jour le jour, allant même jusqu’à visiter leurs sites en France ou à l’étranger pour mieux comprendre leur stratégie.

Mais l’histoire d’Isabelle Loc est bien plus pittoresque que celle d’une banquière aux tailleurs bien coupés. Elle est celle d’une fille de réfugiés cambodgiens installés à Créteil et dont les dons en maths ont été très vite repérés par une professeure de troisième qui a fait des pieds et des mains pour qu’elle aboutisse à Louis Le Grand en seconde. "Au moment de choisir ce que j’allais faire après le bac, j’ai tout de suite eu un but : rentrer à Polytechnique, parce que c’est une école gratuite et où l’on est payé et que mes parents n’auraient pas pu m’offrir une autre grande école. De plus je voulais aller à l’étranger. Ce que l’X me permettait de faire dans des conditions intéressantes".

Isabelle Loc, aujourd'hui âgée de 36 ans, rentre donc à l’X et part naturellement sous les drapeaux en Polynésie dans les troupes d’infanterie de marine. Après l’X elle réalise enfin son rêve d’aller étudier aux États-Unis, à Columbia dans le cadre d’un Master d’affaires internationales. Elle qui est habituée aux équations découvre l’économie sous un angle "plus littéraire".

Les études terminées, elle intègre McKinsey à Paris par envie de faire du conseil. Aussitôt on lui attribue la banque et les services financiers. "C’est un métier où j’ai reçu beaucoup d’encouragements et qui m’a appris qu'il faut savoir s’adapter en permanence". Mais en 2010 elle intègre BNP-Paribas au service des dérivés actions entre Paris et Genève, où elle peut exercer sa passion pour les mathématiques. Passion qu’elle entretient au sein de l’Institut Henri Poincaré où elle côtoie les plus grands mathématiciens français.

Fin 2013, BNP Paribas lui propose de devenir secrétaire du comité exécutif. Elle assiste à toutes les réunions de ce cénacle, prépare les ordres du jour, organise les dossiers de réflexion, et procure la documentation ad hoc. "En trois ans j’ai eu droit à un concentré de la Banque" reconnaissant que ce fût une chance extraordinaire d’avoir ainsi accès à tous les métiers et toutes les problématiques de BNP Paribas. D’autant que cela correspondait au plan stratégique 2013-2016 fixé par Jean-Laurent Bonnafé.

Et c’est ainsi qu’après ce poste prestigieux elle est devenue senior banker. Sans jamais éprouver la moindre difficulté à être une femme, une mère de famille et à exercer des responsabilités importantes. Où se voit elle dans dix ans ? "Pourquoi pas à l’étranger. Cela fait huit ans que je travaille en France et de temps en temps j’ai envie d’horizons nouveaux. Mais chez BNP Paribas, bien évidemment."

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