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Un choix de raison pour Airbus

En désignant Guillaume Faury comme futur patron d’Airbus, à compter du 10 avril 2019, le board de l’avionneur a fait un choix de sagesse et de raison destiné à rompre avec les années de déstabilisation, de tension et d’indécision du règne de Tom Enders.
Guillaume Faury
Guillaume Faury

Le conseil d’administration d’Airbus que préside Denis Ranque a enfin procédé hier à la désignation de Guillaume Faury comme futur Directeur général d’Airbus ou Chief Executive Officer. Ce dernier, qui est l’actuel directeur de la branche avions civils de l’avionneur, devrait être officiellement intronisé dans ses fonctions le 10 avril prochain.

Pour les administrateurs d’Airbus, le choix n’a pas été facile tant Tom Enders a consacré une grande part de son énergie à faire partir tous les talents qui faisaient vivre cette entreprise. Fabrice Brégier qui aurait été le successeur naturel a jeté l’éponge et vient d’atterrir à la tête de la filiale française de Palantir. Marwan Lahoud qui est l’un des meilleurs spécialistes de cette industrie a lui aussi préféré voguer vers d’autres cieux. Le nombre de départs a été tel dans l’entourage proche de Tom Enders, l’année dernière que tout le monde a fini par conclure, mais un peu tard, que le problème c’était Tom Enders lui-même. Et c’est la raison pour laquelle faute de talents en interne le conseil a, un moment, évoqué de faire venir Patrice Caine, qui a formidablement réussi à la tête de Thalès depuis le départ de Jean-Bernard Lévy.

Guillaume Faury n’est pas pour autant un choix par défaut. Il a 50 ans. Il a fait polytechnique, puis Supaéro, puis l'École du personnel navigant d'essais et de réception à Istres suivi d'un DESS de l'Institut d'administration des entreprises à Aix-en-Provence. Il a occupé le poste d'ingénieur essais en vol jusqu'en 1995 avant de devenir responsable adjoint dans le département hélicoptères. Entre 1998 et 2001 Guillaume Faury a été ingénieur en chef chez Eurocopter. Responsable du département essais en vol des hélicoptères commerciaux jusqu'en 2003, il devient directeur du Centre d’Affaires Hélicoptères Commerciaux. Il est ensuite membre du Comité Exécutif, directeur des Programmes Commerciaux chargé de la recherche et du développement en 2008. En 2009, il part chez PSA en qualité d'Adjoint du Directeur Technique et Industriel chez PSA, puis devient Membre du Directoire de PSA Peugeot Citroën, Directeur Technique et Industriel et Directeur Recherche et Développement. En 2013, il revient chez Eurocopter, nommé par Thomas Enders président exécutif d’Eurocopter en remplacement de Lutz Bertling. Et en février 2018, Guillaume Faury est nommé à la tête de la branche aviation commerciale d’Airbus, en remplacement de Fabrice Brégier.

Grâce à son parcours au sein de l’activité Hélicoptères puis chez PSA, il n’a pas été affecté par l’affaire de corruption qui a déstabilisé Airbus et qui a été si mal gérée par Tom Enders. Son challenge va d’abord être de ramener de la sérénité au sein du groupe franco-allemand. Ensuite de poursuivre la bataille commerciale avec Boeing en accélérant le processus de livraison des avions. Son passé chez PSA devrait lui être très utile pour mettre en place un programme d’automatisation et de numérisation des aéronefs qui n’existe pas et qui pourrait accroître l’efficacité industrielle. D’où la dernière tâche de Guillaume Faury, celle visant à redresser la rentabilité. Celle-ci n’est que de 5,1 % au lieu des 10 % assignés par les actionnaires.

Pour Patrice Caine, c’est sans doute une déception de n’avoir pas été sélectionné. Mais pour les actionnaires de Thalès, l’Etat et la famille Dassault, c’est un soulagement, tant ce patron tient bien cette entreprise stratégique pour la France et terriblement lucrative.

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