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Asset, Management

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exclusif Quand le FT éreinte Carmignac...

EXCLUSIF. Le Financial Times consacre un long article à Edouard Carmignac, le présentant comme un gestionnaire de fonds ayant construit une immense fortune mais devenu très nonchalant et détaché par rapport à la contre-performance de certains de ses fonds.
Edouard Carmignac
Edouard Carmignac

Quand les chroniqueurs du Financial Times s’attaquent à une entreprise française, il peut en ressortir le meilleur ou le pire. Mais cela marque toujours les esprits car c’est plein de détails, de verbatims chocs et de révélations inédites. Le titre de l’article du FT donne déjà le ton de l’ensemble du papier : "La rock star de la finance française a du mal à rester au diapason". Et le sous-titre n’est pas moins tendre : "Édouard Carmignac a besoin de tout son charisme après le retrait des investisseurs de ses fonds". Les journalistes du Financial Times révèlent en effet que la société d’Edouard Carmignac a enregistré "une chute de 10% des actifs sous gestion à 50 milliards d'euros au troisième trimestre".

Le mois dernier, la société a déclaré qu’Edouard Carmignac se retirait de la supervision de Carmignac Investissement, un fonds d'actions internationales de 4 milliards d'euros qu'il gère depuis sa création il y a trois décennies. Il arrête également de gérer la partie actions du plus grand fonds du groupe, Carmignac Patrimoine, qui investit en obligations, actions et devises, et gère 17,8 milliards d'euros. D’après les journalistes du FT : "ces changements font suite à une longue période de sous-performance au cours de laquelle les deux fonds ont accusé un retard par rapport à leurs indices de référence respectifs sur un mois, trois mois, un an, trois ans, cinq ans et dix ans, et se situent dans le quartile inférieur du rendement par les pairs pour chacune de ces périodes, selon le site Web du cabinet. Patrimoine est en baisse de 4,8 % depuis le début de l'année, contre un gain de 3,5 % pour son indice de référence."

Bien sûr Edouard Carmignac se défend : "Nous avons essayé de protéger la valeur de nos avoirs au cours des cinq dernières années de manière peut-être trop agressive", affirme-t-il avant d’ajouter : "le comportement des marchés financiers depuis 2012 est une anomalie massive, surtout en Europe. Les banques centrales ont encouragé les investisseurs à prendre des risques toujours plus grands et à ignorer l'économie réelle. A tort ou à raison, Carmignac Patrimoine n'a pas vraiment profité de ce défaut."

Edouard Carmignac fait également son mea culpa en termes de ressources humaines. D’après le Financial times il estime qu'il a été "trop lent à élargir l'équipe d'investissement" car il est difficile de trouver les bonnes personnes. Il cherche à remédier à cette situation et a récemment embauché Raphael Gallardo d'Ostrum Asset Management comme économiste en chef. David Older, responsable actions, a repris la direction de Carmignac Investissement, et a été nommé co-gérant de Carmignac Patrimoine. De fait Edouard Carmignac définit désormais son rôle comme "celui de gestionnaire des risques, en se concentrant sur le bon déroulement des grands appels directionnels".

Quant à sa succession, Edouard Carmignac l’évoque en prenant pour modèle Fidelity. "J'ai toujours eu une réelle admiration pour ce que la famille Johnson avait fait chez Fidelity, alors c'est à peu près ce que j'ai en tête ", dit-il. Sur les cinq enfants d’Edouard Carmignac, un seul d'entre eux, Maxime, travaille dans l'entreprise familiale de gestion de fonds. Elle dirige son bureau de Londres depuis 2013. "Ok mais pas exceptionnelle" en tant que gestionnaire de fonds, explique son père. Sa fille est un successeur potentiel mais "elle devra faire ses preuves", dit-il.

En attendant il a bien en tête que son défi est de reconstruire sa performance. Edouard Carmignac espère un ralentissement du marché comme celui qui a aidé le groupe à se développer il y a dix ans. "C'est une question de quand plutôt que de si", dit-il. "Lorsque les marchés se redresseront, je pense que si nous parvenons à négocier correctement ce ralentissement, nous ferons à nouveau une différence et les gens accepteront le fait d'avoir traversé des périodes moins excitantes pendant un certain nombre d'années." Acceptons-en l’augure !

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