Fusions, Acquisitions
Fusions, Acquisitions
Comment CMA-CGM sauve le suisse CEVA des appétits du danois DSV
Il y a deux semaines le danois DSV avait lancé sans préavis une OPA sur le groupe suisse Ceva Logistics sur la base de 27,75 francs suisses par action. Aussitôt le danois s’est heurté à une violente opposition du suisse qui a appelé au secours son actionnaire de référence, le marseillais CMA-CGM. Quelques jours plus tard DSV a soumis à Ceva une proposition améliorée, à 30 francs par action. Mais face à la réticence du conseil d’administration il a décidé de ne pas poursuivre ce projet d’acquisition.
CMA-CGM qui avait profité de cette période de trouble pour augmenter sa participation dans Ceva à 33 % vient de conclure un partenariat stratégique avec le logisticien suisse. CMA va notamment apporter son expérience en matière de management et de transformation des organisations et va faire profiter Ceva de son portefeuille de clients afin de créer de nouvelles opportunités commerciales.
De surcroit CMA CGM va transférer ses activités de freight management à Ceva, dont c’est la spécialité. Ce qui va permettre de créer des économies d’échelle. Enfin le groupe marseillais soutiendra des investissements additionnels afin de mettre en œuvre la transformation informatique et digitale de Ceva.
Ce projet qui a reçu l’onction des administrateurs et des dirigeants de Ceva va donner lieu à une OPA au même prix que celui proposé par DSV soit 30 francs suisses. Si tous les actionnaires apportent leurs titres, cela représentera pour CMA-CGM un enjeu de 831 millions de francs suisses, soit 730 millions d’euros. Ce qui constitue tout de même un gros enjeu dans la mesure où le groupe dirigé par Rodolphe Saadé affichait au 30 juin dernier 7,8 milliards d’euros de dettes financières face à seulement 5,55 milliards d’euros de capitaux propres.
Voilà pourquoi l’offre est calibrée de telle manière que Ceva reste cotée, mais que le maximum d’actionnaires conservent leurs titres. Mais après le déclenchement des hostilités par DSV, CMA-CGM ne pouvait pas rester inerte. Et cette opération reste une bonne opportunité à ce prix-là même si, avec l'augmentation du prix du pétrole, les conditions d'exploitation du géant marseillais vont devenir plus compliquées.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

