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La Société Générale fait des étincelles
La bourse a bien accueilli l’annonce des résultats trimestriels de la Société Générale, avec un rebond de plus de 3 % du titre qui affiche toujours un recul de 23 % depuis le début de l’année. Il faut dire que les résultats trimestriels sont globalement satisfaisants. Le produit net bancaire a bondi de 9 % au cours de ce troisième semestre. La hausse des charges a pu être maintenue à 5,2 %. Si bien qu’en excluant un élément exceptionnel important lié à la revalorisation des titres Euroclear, le résultat net part du groupe affiche une progression de 16,1 %. Mais sur les neuf premiers mois de l’exercice cette performance n’est que de 2,9 %.
La Société Générale attribue ces bonnes performances à une bonne tenue de l’activité services financiers et banque de détail à l’international, ainsi qu’à une forte dynamique dans le financement et le conseil. Les activités de financement d’actifs (aéronautique, transport maritime et immobilier) ont généré une production bien plus importante qu’en 2017. Mais il faut regarder cela avec prudence dans la mesure où il s’agit de métiers très cycliques.
La Société Générale a également augmenté ses provisions pour litiges de 136 millions d’euros, qui s'élèvent à 1,58 milliard d’euros à fin septembre. La banque a ajouté que le coût financier prévu du règlement futur de l'affaire des sanctions américaines est entièrement couvert. Ce que Frédéric Oudéa a lui-même confirmé en affirmant que : "Le groupe a mis fin ce trimestre à l'impact financier des principaux litiges avec les autorités américaines relatifs à la période précrise financière."
Jusqu’à présent on savait que la Société Générale avait déjà accepté de verser plus de 1,3 milliard de dollars aux autorités américaines et françaises pour régler les frais liés à un système de corruption impliquant le Libyan Investment Authority et à la manipulation du taux d'intérêt de référence du Libor. Deux affaires qui ont malheureusement entraîné le départ du directeur général adjoint Didier Valet.
Coté solvabilité, le ratio des fonds propres attribuables aux actionnaires ordinaires de catégorie 1 (Common Equity Tier One) de la banque s'est établi à 11,2 %, en hausse de 8 points de base par rapport à la fin juin.
En termes de stratégie à long terme, en revanche la Société Générale reste toujours une énigme nimbée de mystère. Même si elle effectue quelques réallocations d’actifs, comme la cession de sa filiale polonaise ou le rachat des activités de conception et de tenue de marché de produits de flux et de solutions structurées, ainsi qu'une partie des activités de gestion d'actifs de Commerzbank. Cette dernière est en dépeçage progressif avant de se faire absorber par la Deutsche Bank, dès lors que le cours de cette dernière aura suffisamment augmenté. À ce moment-là, la SocGen risque d’apparaître comme un acteur de taille moyenne en Europe. C’est pourquoi un rapprochement avec un autre établissement européen devient urgent. Qu’il s’agisse d’UniCredit ou d’un autre. Même si c’est un sujet que la Société Générale refuse d’aborder, il vaut mieux qu’elle l’anticipe plutôt qu’il s’impose à elle.
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