Publications, Résultats
Publications, Résultats
Elliott manipule maintenant les comptes de Telecom Italia
Telecom Italia a annoncé aujourd’hui avoir enregistré au troisième trimestre une perte monstre en raison de dévaluations d'actifs et n'a pas pu confirmer son objectif pour 2018. La perte nette de l'opérateur italien de télécommunications s'élève à quelque 1,4 milliard d'euros, contre un bénéfice de 437 millions un an plus tôt. Sur les neuf premiers mois de 2018, elle atteint 868 millions d'euros, contre un bénéfice de 1,03 milliard en 2017.
D’où viennent ces pertes ? C'est là où est le hic. Il s’agirait de dévaluations réalisées pour un montant de 2 milliards d'euros dues "à la détérioration du cadre compétitif et de la régulation, et à des taux d'intérêts plus élevés", a expliqué Tim. Naturellement à la Bourse de Milan, les investisseurs ont été pris de panique puisqu’en début d’après-midi, le titre cédait près de 6 % pour rejoindre les 0,5 euro. Preuve que pour mieux manipuler le cours de Telecom Italia et le mettre en phase avec sa stratégie de ventes de calls et d’achats de puts à échéance février et juin prochain, le fonds Elliott, qui a la main sur la gouvernance, n’hésite pas à manipuler les comptes de manière grossière.
En Italie, comme dans le reste de l’Europe, tout le monde sait pourtant que le plan d’Amos Genish est positif pour l’entreprise. Les analystes, de Mediobanca à Morgan Stanley, ont encore récemment exprimé des avis plutôt positifs, soulignant la bonne résistance des activités italiennes et fixant un objectif du titre en Bourse beaucoup plus élevé que l'actuel.
Face à ce qui commence à constituer un scandale financier et boursier majeur, Vivendi, principal actionnaire de Tim avec 24 % de son capital, s'est dit extrêmement préoccupé par la dégradation des résultats et par la chute du cours de Bourse, qui atteint près de 40 % depuis la prise de contrôle du conseil d'administration par le fonds activiste américain Elliott, le 4 mai. Vivendi s'est aussi dit surpris et choqué par la décision du conseil d’administration de ne pas convoquer une assemblée générale pour renouveler les commissaires aux comptes, ce qui laissera Tim sans commissaires à partir du 1er janvier. On comprend qu’après une telle manipulation des comptes, Elliott ne soit pas trop pressé de voir débarquer des spécialistes de la comptabilité pour apprécier la justesse des provisions.
Au mois de mai dernier, Vivendi avait indiqué qu'il pourrait demander la convocation d'une assemblée générale pour remanier de nouveau le conseil d’administration de Telecom Italia. Une hypothèse qu'il n'a pas exclue vendredi et qui pourrait donc être de nouveau d'actualité. En attendant, le silence des autorités boursières et comptables italiennes est assourdissant ! Espérons au moins que cette sinistre affaire aide l’ensemble des financiers à réaliser la perversité des fonds activistes dont les interventions se multiplient en Europe.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

