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L'investissement pour le climat
Aujourd’hui à 15 heures, le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire assistait à la quatrième édition du Climate Finance Day & Global Round Table. Co-organisés par l’initiative financière du Programme des Nations Unies pour l’environnement et Finance for Tomorrow, le rendez-vous est dédié à la mobilisation du secteur financier international pour renforcer la finance durable et contribuer à atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD) et ceux de l’Accord de Paris.
C’est ce même jour que le groupe de réflexion Institute for Climate Economics (I4CE) a choisi pour publier un rapport sur les investissements français en faveur du climat. Il faut dire que le constat est amer. Ils dépassent désormais les 40 milliards d’euros mais “les besoins en la matière sont compris entre 50 et 70 milliards d’euros par an”, note le rapport de l’I4CE. Si les investissements ont su progresser depuis trois ans, “cette hausse est trop timide pour combler le déficit d’investissement annuel”. Le panorama actuel de l’I4CE se réfère aux objectifs français qui visent la neutralité carbone en 2050 et qui tiennent plus globalement à la politique pluriannuelle de l’énergie (PPE), créée par la loi de transition énergétique pour la croissance verte.
L’auteur du slogan Make our planet great again, et sacré récemment Champion de la Terre à l’ONU, Emmanuel Macron est justement attendu demain pour des annonces d’accompagnement de la transition écologique. Face au mouvement inédit des “gilets jaunes” - contre les taxes sur l’énergie récemment imposées - et qui reste encore aujourd’hui soutenu par une majorité des Français, le Président devra être convaincant. Car d’autres mesures doivent être prises : "Le retard pris entre 2016 et 2018 représente des investissements manqués à hauteur de 40 à 90 milliards d'euros. Pour rattraper ce retard entre 2019 et 2023 et couvrir les besoins initiaux, il faudrait investir entre 55 et 80 milliards d'euros par an." Or les investissements climat ont représenté 41,9 milliards d’euros en 2017, dont la moitié a été conduite par le public. Les écarts d’investissements entre ce qui a été réalisé et ce qui devrait l’être est particulièrement “important dans la rénovation énergétique des bâtiments, les véhicules bas-carbone et dans les déploiement des réseaux de chaleur”.
L'autre parent pauvre reste celui des énergies fossiles. “Environ 70 milliards sont investis annuellement dans des véhicules (souvent) ou des chaudières (parfois) qui consomment trop d'énergies fossiles", relève le rapport. En France, les investissements fossiles - bien sûr très défavorables au climat - ont atteint 73,1 milliards d’euros en 2017, soit près de deux fois le montant des investissements climat. Ils sont en hausse de 12 % depuis 2015.
La contribution annuelle des pouvoirs publics au financement de la transition énergétique ne cesse d’augmenter depuis 2013, mais dans une faible mesure. De 2011 à 2017, elle n’a augmenté que de 5 milliards d’euros. La courbe relative au secteur privé est elle aussi relativement linéaire depuis que l’étude existe (2011). Les entreprises ont réalisés 10,5 milliards d'euros d’investissements en 2017, contre 16,6 milliards pour les ménages. Les sociétés représentent en revanche la quasi-totalité des montants investis dans la production d’énergie, l’industrie et l’agriculture. Les investissements privés tendraient à baisser en 2018.
C’est à l’occasion du colloque du Palais Brongniart que 28 banques du monde entier ont lancé une toute nouvelle initiative, celle des six Principes pour une banque responsable. Ils définissent le rôle et les responsabilités du secteur bancaire pour un avenir durable. Par exemple, dans un communiqué de ce matin, BNP Paribas fait savoir qu’elle s’engage désormais à respecter le principe d’”Alignement”: “nous alignerons notre stratégie commerciale sur les besoins des individus et les objectifs de la société, conformément aux Objectifs de Développement Durable (OOD), à l’Accord de Paris sur le climat et aux cadre nationaux et régionaux pertinents. Nous allons concentrer nos efforts là où nous avons l’impact le plus significatif”.
Par ailleurs, le ministre est revenu sur le rapport publié samedi par l'ONG Oxfam, qui accuse les six banques françaises les plus importantes de n'avoir pas tenu leurs engagements depuis la COP21 en décembre 2015, citant nommément BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE, Crédit Mutuel-CIC et la Banque Postale. "Si ces engagements ne sont pas respectés, nous les rendrons contraignants", a-t-il prévenu.
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