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Régulation / Concurrence / Indonésie

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Indonésie

Procès douteux en Indonésie

Plusieurs institutions financières mondiales sont aux prises avec des conglomérats indonésiens alors que l’archipel subit une pression croissante sur son capital. Goldman Sachs, Raiffeisen Bank, Total et Chevron comptent parmi les victimes.
Avocats - code - droit - régulation - réglementaire
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Le Comité monétaire de la banque centrale (FOMC) américaine doit se réunir les 18 et 19 décembre et devrait, de l'avis de la quasi-totalité des analystes, donner un nouveau tour de vis en augmentant son taux directeur d'un quart de point de pourcentage. Après plusieurs années d’un programme de quantitative easing (QE), les taux d’intérêt de la Réserve fédérale redeviennent progressivement le principal outil de politique monétaire. Et la hausse des taux américains, en rendant les placements aux US plus attractifs, a déclenché des tornades régulières en Turquie, en Afrique du Sud, au Brésil, en Argentine et en Indonésie. Puisque ces sorties de capitaux massives ont déclenché un effondrement des monnaies locales.

Pour ce qui est de l’Indonésie, la roupie indonésienne a perdu plus de 20 % en cinq ans et s’est stabilisée à 15.000 pour un dollar depuis deux ans, ramenant la monnaie à des niveaux jamais vus depuis la crise financière asiatique de 1997. Comme parmi les autres émergents, la chute de la devise a mis à rude épreuve la capacité des sociétés privées indonésiennes à rembourser leurs dettes en dollars et ce après plusieurs années d’endettement élevé. Pour preuve, selon l’institut de recherche Maybank Kim Eng Research, l’indicateur de la dépendance du pays vis-à-vis du financement de la dette extérieure a atteint son plus haut depuis plus de dix ans en mai.

Dans ce pays où la corruption fait rage et le droit économique est très souvent bafoué, il semble que les conglomérats indonésiens aient choisi la malhonnêteté pour se défaire de leurs dettes. En juillet dernier, Goldman Sachs perdait son appel devant un tribunal indonésien après que Tjokrosaputro, PDG de Hanson International avait intenté une action en justice contre la banque américaine pour 15.000 milliards de roupies indonésiennes, l’accusant d’avoir procédé à des opérations dites illégales sur ses actions. Le tribunal de Jakarta se prononçait en faveur du PDG et ordonnait alors à Goldman Sachs de verser 320,88 milliards de roupies à titre de compensation. D’après Reuters et selon la base de données des Panama Papers, Tjokrosaputro était de fait actionnaire d’une société fortement endettée en dollars.

Le cas n’est pas isolé. C’est ce que révèle aujourd’hui le Financial Times. Selon le quotidien britannique, la banque autrichienne Raiffeisen Bank International se voit aujourd’hui réclamer 86 millions de dollars par les autorités indonésiennes. Le groupe Lippo, un conglomérat national et l’un des plus importants clients de la banque, accuse le DG de Raiffeisen de chantage auprès d’une filiale de Lippo, endettée de 50 millions de dollars auprès de Raiffeisen. Cette dernière rapproche le procès d’une “tentative délibérée, sans fondement et malveillante” et accuse Lippo de “se soustraire à ses obligations juridiques”. Le repli nationaliste que promettent les élections indonésiennes en avril prochain ne devrait par ailleurs rien arranger pour les investisseurs étrangers. Mais ce qui pèsera le plus sur les sociétés indonésiennes reste le taux de change, a déclaré Paul Lukaszewski au FT, responsable de la recherche sur les obligations de sociétés asiatiques et le crédit des marchés émergents chez Aberdeen Standard Investments.

Et au-delà de ces procès douteux par des sociétés fortement endettées en monnaie américaine, le gouvernement indonésien a établi de nouvelles lois qui obligent certaines compagnies étrangères à se défaire progressivement de leurs avoirs indonésiens. Toujours d’après le FT, Freeport-McMoRan, Chevron et Total comptent parmi les victimes.

 

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