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Les recommandations de la BCE font plonger les banques italiennes
Déjà lundi soir les banques italiennes avaient clôturé en baisse, une trajectoire qui se poursuivait mardi. Vers 16H20, la Monte dei Paschi (BPMS) cédait 7,17 %, Ubi Banca 4,64 %, Bper Banca 4,39 %, Banco BPM 4,36 % et UniCredit 2,93 %. Le vent d’inquiétude souffle sur la zone euro depuis un communiqué de la banque italienne BPMS vendredi soir, annonçant la réception au mois de décembre d’une ébauche de décision de la Banque centrale européenne concernant de nouvelles exigences de fonds propres et de couverture des créances douteuses.
Car après que la BCE a mis sous séquestre la petite banque régionale Banca Carige, c’est au tour de la plus vieille banque du monde BPMS d’être ciblée. Surtout, la BCE souligne les faiblesses de la capitalisation et de la rentabilité. Dans ce communiqué, la banque historique s’exprime : “La lettre est provisoire et la libération définitive est prévue pour le premier trimestre de 2019 [...] Sur la base du processus de surveillance et d'évaluation prudentielle (SREP), le projet fixe à la fois des limites quantitatives et des exigences prudentielles qualitatives. Compte tenu des turbulences actuelles, le projet de lettre souligne par ailleurs les défis importants à relever par BPMS pour mener à bien sa stratégie de financement.”
Pour mémoire, BPMS, dont le siège est à Sienne, a été sauvée en 2016 après une augmentation publique de capital de 6,9 milliards d'euros du gouvernement italien. À la suite de longues négociations sur le plan de restructuration à la mi-2017, la Commission européenne et la BCE avaient approuvé une injection de capital de précaution de 5,4 milliards d'euros. Des initiatives insuffisantes pour assurer la solidité de la banque. L’horizon visé est “autour de 2026”. Si la BMPS a reçu ce courrier, les 120 autres grandes banques de la zone euro ont dû le recevoir aussi sous cette forme individualisée. Déjà en juillet 2018, le superviseur avait communiqué sur son intention de s’attaquer au stock de créances douteuses en zone euro.
Au niveau politique, la coalition populiste au pouvoir à Rome n’a pas tardé à s’exprimer : “La nouvelle attaque de la BCE contre le système bancaire italien et la BMPS démontre une fois encore que l'Union bancaire, voulue par l'UE et votée par le PD (parti italien de centre gauche), n'a non seulement pas rendu plus stable notre système financier, mais cause de l'instabilité", a affirmé le vice-Premier ministre et patron de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini.”
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