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Private equity : les arbres montent-ils vraiment au ciel ?
Tous les experts du private equity s’accordent à dire qu’il ne faudrait pas reproduire les erreurs de 2005-2007, lorsque des fonds aux poches pleines signaient des opérations de plus en plus gigantesques, prenant toujours plus de risques et de dette. Jusqu’au jour où en raison de la faillite de Lehman Brothers, la musique du crédit s’est arrêtée. Dix ans plus tard, la classe d’actifs continue de battre toujours de nouveaux records en termes de levées de fonds et de deals, mais les mêmes acteurs jurent qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter.
Ainsi, Preqin a sorti une nouvelle infographie selon laquelle le capital privé - qui regroupe le private equity, mais aussi d’autres actifs alternatifs comme la dette privée, les infrastructures, l’immobilier et les ressources naturelles - avait pulvérisé un nouveau plafond : la poudre sèche de l’argent levé par ces fonds mais pas encore investi a dépassé les 2.000 milliards de dollars l’an passé (à 2.099 milliards de dollars), dont 58 % alloués au private equity. Pas de raison de s’alarmer néanmoins pour la base de données : "Les inquiétudes selon lesquelles les gérants de fonds amassent du capital sans le dépenser pourraient être exagérées. L’activité est en hausse dans la plupart des classes d’actifs, et le ratio de capital disponible par rapport au capital appelé est stable ou en baisse", fait-il valoir, expliquant que même si la poudre sèche augmente, le rythme de dépenses est plus rapide.
En parallèle, les plus grands fonds continuent à closer des véhicules toujours plus ambitieux. Le prochain en date serait Blackstone, qui s’apprêterait à annoncer un fonds immobilier de 20 milliards de dollars, le plus important de l’histoire du non coté. Les mastodontes du métier continuent de lever à tour de bras : Carlyle Partners a créé le record avec un fonds de 18,5 milliards de dollars et les dix plus gros fonds ont collecté 125 milliards de dollars, preuve de la concentration du capital aux mains de quelques "happy fews".
Pourtant, le private equity a les moyens de mettre tout cet argent au travail, comme en témoignent les données du marché LBO et venture l’an passé. Ainsi, les LBO ont atteint un record historique en nombre de deals, et se situent juste après 2007 en valeur (456 milliards de dollars, certes loin des 700 milliards de 2007), selon les données de Preqin. Le capital risque a quant à lui inscrit un nouveau record historique, et avec 274 milliards de dollars a largement dépassé le précédent plus haut de 192 milliards de dollars en 2017. Les licornes, ces animaux imaginaires, obtiennent des valorisations bien réelles, à l’image du fabricant de cigarettes électroniques Juul, vendu à Altria pour près de 13 milliards de dollars, plus grosse sortie venture de l’année 2018.
Pour l’instant, les arbres semblent monter au ciel si l’on en croit la dernière enquête d’EY auprès d’une centaine de CFO du private equity. Plus de la moitié d’entre eux comptent lever de nouveaux fonds et ils sont même 65 % à estimer qu’il sera plus gros que leur dernier véhicule. Pour le non coté en tout cas, aucun risque de récession ne semble ternir les prévisions de levées et de deals. Il ne pourra pourtant pas échapper à un éventuel retournement de cycle.
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