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Égalité hommes-femmes : quelles sont les notes des grands groupes ?

Les premiers chiffres concernant notamment le CAC 40 sont sortis. Les données sont dans l'ensemble positives, même si des disparités se font jour d'une filiale à une autre. Et le gouvernement n'hésite pas à mettre le doigt dessus.
Muriel Pénicaud
Muriel Pénicaud

Le ministère du Travail a une première photo. Muriel Pénicaud a communiqué ce mardi sur les résultats dévoilés par les entreprises de plus de 1.000 salariés. En tout, 1.400 groupes avaient jusqu’au 1er mars pour publier leur note obtenue à l’index d’égalité hommes-femmes. Ce sont finalement environ 800 sociétés qui s'y sont conformées pour l'instant.

Pour mémoire, il s’agit de mesurer la parité dans les entreprises à travers un index. D’une note globale sur 100, celui-ci est calculé à travers cinq critères : l’écart de rémunération hommes-femmes (40 points), l’écart dans les augmentations annuelles (20 points), l’écart dans les promotions (15 points), les augmentations au retour de congé maternité (15 points), et la présence de femmes parmi les plus gros salaires de l’entreprise (10 points).

La moyenne est établie à 75, seuil au-delà duquel les sociétés peuvent être sanctionnées financièrement si elles n’ont pas amélioré leur situation dans les trois ans. La sanction peut aller jusqu’à 1 % de la masse salariale. "Sur (les) 800 (entreprises), 120 sont en dessous de la moyenne, c’est l’alerte rouge", a indiqué ce matin sur RTL Muriel Pénicaud. Ce n'est pas du "name and shame" (nommer et faire honte, littéralement) mais presque.

"Il y a plusieurs groupes du CAC 40 dont une partie des filiales est dans le rouge", a ajouté la ministre, citant Engie et Thales. Car outre les notes globales, c’est le détail par filiale qui peut pécher ou en tout cas mettre en avant des disparités entre les différentes entités du groupe. Ainsi, chez Thales, Thales DMS France, Thales Global Services et Thales Alenia Space France sont à 94, alors que Thales LAS France  et Thales AVS France affichent un 84 et que Thales Services pointe à 70.

Suez – qui fait état d’un indice global de 88 – enregistre également des différences d’un pôle à l’autre, même si en l'occurrence le groupe met en avant des notes qui ne posent pas de problèmes vis-à-vis de la loi. La note la plus basse (76) est attribuée à SUEZ Recyclage et Valorisation Centre Est ; UES SUEZ Recyclage et Valorisation Energie est à 83, SUEZ Eau France à 89, SUEZ Recyclage et Valorisation Nord Est à 93 et UES SUEZ (siège) à 94. "L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes est au cœur de la politique RH de SUEZ et ces premiers résultats positifs viennent confirmer les engagements pris et la volonté du Groupe sur le sujet", a commenté l’entreprise. Laquelle précise avoir notamment embauché 30,8 % de femmes parmi les 2.510 personnes recrutées en CDI en 2018 (24,4 % en 2017), 41,9 % de femmes parmi les 608 cadres recrutés en CDI en 2018 (36,8 % en 2017).

Chez BNP Paribas, les écarts sont un peu moins importants d’une entité à une autre. Ainsi BNP Paribas a obtenu 87, quand Personal finance et BP2S sont à 87, Arval 84, Leasing Solutions 88 et Cardif 92. Pour ce qui est des autres financières, on retiendra le 85 de la Société Générale, le 84 du Crédit Agricole et le 92 d'AXA. Côté industrie, Valeo est à 83, Engie à 79 et Air Liquide à 82. L'opérateur de téléphonie Bouygues Telecom obtient pour sa part 78. Un certain nombre d’entreprises ont obtenu 94. C’est le cas de Capgemini, Renault, Orange, Essilor, Michelin et Schneider Electric. A noter que Sodexo, la Maif et CNP sont entre 99 et 100. Et il n’y a pas que le privé qui est soumis à l’exercice. Radio France affiche un résultat en dessous de la moyenne à 73.

Muriel Pénicaud a précisé ce matin ce qu’elle attendait comme effets de ces publications. Les sanctions peuvent évidemment être une réponse mais pas uniquement. La ministre a indiqué hier en avoir discuté avec une dizaine de chefs d’entreprise, qui pour certains s’étonnaient du résultat obtenu sur telle ou telle ligne de calcul. Elle a également mis le doigt sur la compétition qui pouvait s’instaurer entre eux sur le sujet. Muriel Pénicaud considère aussi que ces chiffres peuvent servir de base de travail pour les discussions avec les syndicats, qui auront le détail des notes. Elle estime également que la question de la réputation pourra jouer. Les employés peuvent être déçus par les notes. Celles-ci peuvent aussi rebuter les éventuels candidats à l'embauche. Et ce, à l’heure de la guerre de talents et où les personnes sont sensibles à ce type de critères. À tout point de vue, les entreprises ont intérêt à faire monter leur score.

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