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Macro-économie / Taux / Chinois / Dette obligataire

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Chinois / Dette obligataire

Le marché obligataire chinois, nouveau dada des investisseurs étrangers ?

Selon une enquête Invesco, près d'un tiers des investisseurs internationaux souhaite accroître son exposition au marché de la dette chinoise, alors que le pays a considérablement assoupli sa réglementation vis-à-vis des acquéreurs étrangers.
Chine
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Malgré le conflit commercial qui oppose la Chine aux États-Unis et les incertitudes liées à l'issue des négociations entre les deux géants, les investisseurs sont visiblement prêts à accroître leurs participations dans le pays. Selon une enquête menée par Invesco auprès d'investisseurs représentant plus de 14.000 milliards de dollars sous gestion au total, un tiers d'entre eux compte augmenter son exposition au marché obligataire souverain du pays dans les trois prochaines années. Et ironie du sort, ce sont même les investisseurs américains qui montrent le plus d'engouement pour la dette du pays, 58% d'entre eux ayant répondu qu'ils augmenteraient leurs achats d'obligations chinoises d'ici 2022.

Les gérants des autres continents sont à première vue plus frileux, puisque seulement 11 % de ceux d'Europe, d'Afrique et du Moyen-Orient ont déclaré qu'ils augmenteraient leurs positions sur la dette chinoise ces trois prochaines années. Il faut dire que les investisseurs européens et du Moyen-Orient sont déjà exposés à la Chine, 40 % ayant répondu que c'était le cas, contre 3 3% seulement des gérants américains, qui envisagent donc de rattraper leur retard. D'autant plus que les obligations chinoises font partie des titres souverains qui ont le mieux performé l'an dernier.

Pour autant l'engagement des investisseurs à l'égard du marché de la dette chinoise ne constitue pas un simple placement opportuniste, puisque plus de la moitié des gérants ont affirmé que leur exposition était stratégique et de long terme. Ce qui, selon Invesco souligne que les investisseurs devraient rester sur ce segment même en cas de changement d'environnement économique. La Chine a d'ailleurs affiché l'an dernier sa plus faible croissance en trente ans, ce qui n'a pas empêché les gérants d'aller sur le marché de la dette : 33 % d'entre eux ont accru leur exposition au cours des trois dernières années. En termes de type d'investisseurs, 43 % des compagnies d'assurance possèdent déjà des obligations du pays, de même que 40 % des fonds de pension et 79 % des fonds souverains, ces derniers ayant une plus grande liberté de management que les fonds de pension et de retraites, soumis à des contraintes réglementaires d'allocation de portefeuille, explique Invesco. 

L'attrait des investisseurs étrangers pour le marché chinois survient dans un contexte où le pays est en pleine ouverture de son économie, comme l'a montré l'instauration de la plateforme Hong Kong Connect en juillet 2017 permettant aux investisseurs basés sur l'île d'accéder directement au marché obligataire du pays. L'inclusion de 233 actions chinoises dans l'indice émergent MSCI en juin 2018 a également contribué à ce mouvement d'ouverture. 

Par ailleurs, la Chine a adopté vendredi dernier une loi très attendue par les milieux d'affaires, censée garantir un traitement équitable aux investisseurs étrangers. La nouvelle loi sur l'investissement étranger, composée de 42 articles, remplacera à partir du 1er janvier 2020 trois lois existantes, dont le contenu pouvait entrer en contradiction avec d'autres lois et réglementations.

Parmi les principaux points du texte de vendredi, un article dispose que le "traitement national" - qui doit en théorie assurer une égalité de traitement - s'appliquera aussi aux investissements étrangers. Bon nombre d'entreprises étrangères dénonçait un traitement inéquitable face à leurs concurrents locaux. Fin 2018, le pays comptait environ 960.000 entreprises à capitaux étrangers, selon l'agence Chine nouvelle.

Ce nouveau texte ainsi que la mise en place de plateformes traduisent bien la volonté des autorités chinoises d'attirer davantage d'investisseurs et capitaux étrangers, ce qui permettra également à l'État de réduire sa présence au capital des entreprises. 

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