WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
sophie chateau lbo france chevrillon weinberg relations investisseurs

Sophie Chateau, LBO France : les relations investisseurs, rôle pivot du private equity

Adepte de la course à pied, Sophie Chateau connaît bien l'endurance des levés de fonds dans le private equity, puisqu'elle dirige les relations investisseurs de LBO France. Dans son parcours, elle a vécu de près le rôle de plus en plus central et transverse de cette fonction, et milite pour la féminisation du non coté.

Ce n’est probablement pas un hasard si Sophie Chateau, associée en charge des relations investisseurs de LBO France, est une coureuse de fond aguerrie. Pourtant, avant de céder aux sirènes du non coté, la jeune diplômée de l’ESCP n’était pas vraiment prédisposée à la finance, et visait même plutôt une carrière en communication. Étudiante, elle profite quand même d’une opportunité pour partir à l’étranger, et passe un an d’alternance en Espagne, en crédit chez LCL. Rentrée en France, elle cherche de nouveaux moyens de partir à l’international, et découpe une petite annonce pour un "training program" d’un an chez UBS. Une formation qui l’emmènera à Paris, Zurich et Londres et lui permettra de côtoyer des gens issus d’autres horizons. Elle reste alors dans la capitale britannique pour commencer à travailler en M&A. "J’étais une des seules filles sur le plateau, cette expérience a été riche car j’ai dû répondre à un rythme très soutenu et au professionnalisme anglo-saxon", se souvient-elle.

Après trois ans de vie à distance avec son mari, elle décide de rentrer à Paris et entend parler d’un ancien de JP Morgan, qui a monté sa société d’investissement et cherche un profil anglo-saxon. Elle rencontre alors Cyrille Chevrillon et, convaincue, se décide en 2 heures seulement. "Je suis partie d’une banque anglo-saxonne pour une petite structure et au final, j’y suis restée 13 ans, ce qui montre qu’elles offrent des positions tout aussi pérennes", juge Sophie Chateau. Chez Chevrillon & Associés, elle se forme aux investissements du private equity, sur toutes les tailles de deals. Elle y apprécie à la fois la liberté et l’exigence de ce type de fonds, très concret dans la mesure où l’équipe investit l’argent des dirigeants. Le groupe crée aussi une joint-venture avec le britannique Candover sur les opérations en France, chez qui le rôle des relations investisseurs était déjà bien développé, avant de souffrir pendant la crise.

Mais Sophie Chateau pressent déjà que ce rôle a vocation à devenir de plus en plus prépondérant dans le private equity. Au bout de 13 ans, elle se pose à nouveau la question de la suite. "J’aimais l’investissement, mais aussi les relations humaines et la stratégie. J’ai rencontré Serge Weinberg, qui m’a fait confiance pour créer le rôle des relations investisseurs alors que je venais d’une société qui n’avait pas d’investisseurs tiers", raconte-t-elle. Elle entre alors chez Weinberg Capital Partners, où elle met à profit sa connaissance de l’univers de l’investissement, de plus en plus profond et complexe, dans une position transverse : elle travaille en interne sur la stratégie avec les équipes d’un côté, et avec les investisseurs de l’autre.

Dans un style de gestion de projet, elle apprend aussi à challenger les investissements, dans un milieu encore très viril. "Je déplore qu’il y ait aussi peu de femmes dans ce métier passionnant. Beaucoup de femmes s’autocensurent par méconnaissance du secteur, ou encore ont la culture de la bonne élève. Mais j’espère que cela va changer progressivement", fait valoir Sophie Chateau, qui participe à l’initiative Level 20 et s’investit dans le mentoring de profils junior.

Après deux levées de fonds chez Weinberg Capital Partners, Sophie Chateau accepte une belle opportunité chez LBO France, où la base d’investisseurs est encore plus internationale (40 %) et où elle gère désormais une équipe de 4 personnes. "Nous devons répondre à un grand besoin de transparence, les investisseurs sont de plus en plus professionnels et exigeants, et deviennent parfois aussi des concurrents e intégrant des équipes qui font de l’investissement en direct", explique Sophie Chateau. Ce qui pourrait expliquer sa vocation tardive pour la course à pied, il y a 8 ans. Plusieurs marathons plus tard, elle confie aimer ce mode de survie, difficile psychologiquement mais grâce auquel elle a aussi fait de belles rencontres. Endurance, persévérance : autant de qualités qu’elle met en œuvre au quotidien lors de la course de fond que constitue une levée de fonds.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article