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La difficile cure d’austérité de Conforama

L’enseigne d’ameublement a annoncé un plan social sur 1.900 postes et la fermeture de plus de 40 magasins en France. Sa maison mère Steinhoff international, elle-même en difficulté, a été reprise en main par ses créanciers, et pourrait bientôt vendre son actif français.
Conforama
Conforama

Il est loin le temps où en ce printemps 2016, Conforama tentait de souffler Darty à son grand concurrent la Fnac, alors emmené par Alexandre Bompard. Trois ans plus tard - et huit ans après avoir été cédé par Kering au groupe sud-africain Steinhoff -, le troisième acteur français de l’ameublement cumule les déboires. Le dernier en date n’est autre que l’annonce d’un plan social portant sur 1.900 salariés en France en 2020, ainsi que la fermeture de 32 magasins Conforama – dont huit en Île-de-France - et ses dix Maison Dépôt, soit près de 20 % de la totalité de ses enseignes. Le plan devrait être présenté ce matin en comité central d’entreprise, selon les sources syndicales de la CGT et FO.

Les problèmes financiers de Conforama, qui subit de plein fouet la concurrence d’Amazon sur l’e-commerce et d’Ikea, ne sont pas nouveaux et sont intrinsèquement liés à ceux de sa maison mère, Steinhoff International. Après plusieurs années d’expansion internationale, où il a acquis le français Conforama en 2011, puis Poundland en Grande-Bretagne et Mattress Firm aux États-Unis en 2016, le groupe a frôlé la faillite lorsqu’ont été révélées des fraudes comptables de la part de son PDG, qui ont provoqué un effondrement du cours fin 2017. Ces difficultés l’obligent d’ailleurs à annuler l’achat de 17 % de Showroomprivé, qu’il revend à moitié prix à Carrefour début 2018. Privé des ressources de sa maison mère, Conforama se place sous mandat ad hoc et obtient un refinancement de 115 millions d’euros sur trois ans auprès de Tikehau.

Depuis, les créanciers de Steinhoff – et notamment sept fonds spéculatifs – ont accepté la restructuration financière à l’été 2018 et pris les commandes de Steinhoff International, et même depuis peu de Conforama. Toujours en difficultés financières, le groupe - qui a perdu environ 100 millions d’euros en 2018 - a négocié un refinancement de 316 millions d’euros en avril dernier, dont 200 millions pour rembourser une partie de sa dette, qui s’est creusée à 1,6 milliard d’euros. Et le reste pour financer un coûteux plan social, qui voit aujourd’hui le jour. Signe du changement de stratégie, le PDG de Conforama avait alors démissionné, remplacé par un DG issu de Quick et surtout d’une présidente spécialiste de la transformation d’entreprise, Helen Lee Bouygues - par ailleurs cousine par alliance du patron de Bouygues -, qui représente les intérêts des fonds.

Les décisions difficiles n’auront donc pas tardé. Et en ligne de mire, la vente de Conforama par sa maison mère, pour laquelle Rothschild a déjà été mandaté. Plusieurs noms d’industriels sont murmurés à l’heure actuelle : son concurrent But - ce qui impliquerait la vente de magasins pour passer le feu vert des autorités de la concurrence -, mais aussi bien sûr Fnac-Darty, ou encore Casino-Cdiscount. En mars dernier, Bryan Garnier évoquait dans une note un prix très ambitieux, voire irréaliste, de 600 à 700 millions d’euros. Une chose est sûre : les potentiels candidats regarderont de près l’évolution de cette difficile restructuration financière et sociale avant de formuler leurs offres.

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