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Taux BCE Fed rendement négatif

Politique monétaire

Politique monétaire

Pourquoi les taux négatifs devraient durer

La normalisation de la politique monétaire et la fin des taux bas n'est pas pour tout de suite. Selon Schroders, ils devraient demeurer inférieurs de 1% à 3% par rapport à leurs niveaux d'avant la crise .
Christine Lagarde
Christine Lagarde

Le coup d'arrêt effectué par les principales banques centrales mondiales cette année dans leur politique de resserrement monétaire a pris les investisseurs de court et constituera sans doute l'un des événements de marché les plus importants de 2019. Et la faiblesse des taux résultant de cette politique ultra accommodante est bien partie pour durer. Selon les stratégistes de Schroders, les taux d'intérêt réels devraient ainsi demeurer de 1% à 3% inférieurs à leurs niveaux d'avant crise, où ils atteignaient encore 2,2% en moyenne aux États-Unis (sur la période 1981-2008), 4,5% au Royaume-Uni et 3,1% en Europe. À la suite de la crise de 2008 et à la mise en place de politiques monétaire destinées à soutenir l'économie mondiale, le rendement moyen est passé en territoire négatif dans chacune des trois zones citées atteignant respectivement en moyenne -1,4%, -1,9% et -1% entre 2008 et 2018.

Un contexte qui a naturellement fait les affaires des États et des entreprises, qui n'ont jamais emprunté aussi bon marché. 17.000 milliards de dollars d'obligations s'échangent encore à des taux négatifs sur le marché mondial, soit 30% de la dette globale. 

Il y a quatre ans pourtant, la Fed la première avait entamé sa sortie du quantitative easing, en commençant par réduire son bilan, de 50 milliards de dollars par mois (à partir de décembre 2015), puis en relevant son taux directeur à quatre reprises en 2018, estimant que l'économie américaine pouvait désormais se passer de perfusion. Et qu'il était surtout temps de sortir d'une politique monétaire trop accommodante, afin de se garder des marges de manœuvre en cas de retournement de conjoncture. De même, Mario Draghi avait annoncé en décembre 2018 la fin de son programme d'achats de titres, signalant le début du resserrement monétaire côté européen également. Avant de lui aussi faire demi tour en septembre dernier, annonçant une baisse du taux de dépôt de -0,4% à -0,5% et la reprise des achats de titres, sans date de fin.

"Nous avons été un peu trop optimistes concernant la normalisation monétaire des banques centrales", a ainsi expliqué Charles Trudeaux de Schroders lors d'une conférence à Londres. Selon lui, l'enlisement du conflit commercial et les négociations sur le Brexit ont sérieusement pesé sur la croissance mondiale cette année, et amené la Fed comme la BCE à revoir leur stratégie monétaire. Vu le degré d'incertitude sur chacun des deux tableaux, et vu la faiblesse continue de l'inflation, les banques centrales devraient donc maintenir leur biais accommodant l'an prochain. Et les taux bas le resteront, tant que l'économie mondiale n'aura pas montré de signe d'accélération. 

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