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La fin du Franc CFA ; il était temps !

Politique monétaire / Franc CFA / ECO / BCEAO

Politique monétaire
Franc CFA / ECO / BCEAO

La fin du Franc CFA ; il était temps !

Emmanuel Macron a sonné le glas du franc CFA samedi dernier, mettant fin à ce qui est perçu comme l'un des vestiges de la Françafrique. Courant 2020, le franc CFA sera ainsi remplacé par une nouvelle monnaie unique : l'ECO.
Franc CFA - Crédit photo : DR
Franc CFA - Crédit photo : DR

Le Président de la République a donc profité de son voyage de deux jours en Côte d’Ivoire pour annoncer l’enterrement sans fleurs ni couronnes du Franc CFA, qui était effectivement une relique de la Françafrique et ne sonnait plus que comme un rappel de l’Afrique Occidentale Française (AOF) et du temps des colonies. On pourrait croire que cette disparition et son remplacement par l’ECO ne sont en fait, qu’un simple effet d’annonce. Si l’on s’attache bien aux modalités de fonctionnement de la nouvelle devise, on s’aperçoit vite que tel n’est pas le cas.

En plus du nouveau nom du Franc CFA, cette réforme implique deux changements majeurs. D'abord, les banques centrales d'Afrique de l'Ouest ne devront plus déposer la moitié de leurs réserves de change auprès de la Banque de France. Cette obligation était perçue, par les détracteurs du franc CFA, comme une dépendance humiliante vis-à-vis de la France.

Pendant longtemps, 100 % des réserves de la zone étaient conservées au Trésor public français. Et même quand on est passé à 65 % dans les années 1970, les Banques centrales africaines continuaient de verser quasiment 100 % au Trésor public français, selon les informations de WanSquare. Cette question des réserves est pour l’Afrique de l’Ouest l'élément le plus saillant et celui qui cristallisait le plus les attentes.

De plus, et c'est un autre changement important, les représentants français qui siégeaient au sein des instances de la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) vont se retirer. La France ne nommera plus aucun représentant au conseil d'administration et au comité de politique monétaire de la BCEAO, ni à la commission bancaire de l'UMOA. Il s'agit de désamorcer les critiques, selon lesquelles la France continuerait de dicter ses décisions dans ces instances via ses représentants, selon l'Élysée. La BCEAO sera donc libre de placer ses avoirs dans les actifs de son choix, selon la présidence française.

Une chose ne change pas, néanmoins : la nouvelle monnaie sera toujours indexée sur l'euro (1 euro = 655,96 francs CFA) pour éviter les risques d'inflation. Mais ce point pourrait être appelé à évoluer lorsque la monnaie commune ouest-africaine sera en place. Les économistes africains critiquent fortement cet arrimage, qui pose problème pour les économies de la région, beaucoup moins compétitives. Celles-ci ont, en effet, besoin de donner la priorité à la croissance économique et à l'emploi plutôt que de lutter contre l'inflation. Les États concernés devront désormais décider si cet adossement à l'euro est une bonne chose ou pas.

Au total ce sont 155 millions de personnes qui utilisent aujourd’hui le franc CFA comme monnaie, répartis dans quatorze pays (dont douze anciennes colonies françaises). Huit d'entre eux font partie de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) : il s'agit du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo.

Ces huit pays ont décidé de signer l'accord mettant fin au franc CFA. Ils utiliseront donc l'ECO, qui est en réalité le nom choisi pour la future monnaie unique des pays membres de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao). Quand sera-t-elle lancée ? Difficile à dire. Les pays de la Cedeao ont évoqué l'année 2020 pour le lancement de l'ECO, mais sans donner davantage de précisions sur le calendrier.

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