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ADP reste prudent vis-à-vis du coronavirus

Le gestionnaire d'aéroports a vu ses bénéfices affectés par la fermeture de l'aéroport Atatürk, mais affiche des performances commerciales solides.
Aéroport de Roissy CDG - ADP
Aéroport de Roissy CDG - ADP

Alors que la perspective de sa privatisation suscite toujours des débats, le groupe ADP (anciennement Aéroports de Paris) reste optimiste pour 2020… tant que le contexte sanitaire lié au coronavirus ne dégénère pas.

Pour l’année qui vient de débuter, l’opérateur d’aéroports anticipe une croissance de son trafic aérien de 2 à 2,5% pour Paris Aéroport (qui regroupe Roissy Charles-de-Gaulle et Orly) et de 3 à 5% pour TAV Airports (le gestionnaire aéroportuaire d’origine turc dont ADP détient 46% du capital) par rapport à 2019, en excluant du périmètre l’aéroport Atatürk à Istanbul (dont le trafic a été transféré vers le nouvel aéroport d’Istanbul en avril dernier).

En termes financiers, ADP anticipe en 2020 une hausse de 3,5% à 5,5% de son Ebitda consolidé. Hors intégration globale de TAV Airports et d'Airport International Group (qui gère l’aéroport international jordanien d’Amman et dont ADP a acquis 51% en 2018), la hausse de l'Ebitda est estimée entre 3% et 4,5% par rapport à 2019.

À ce jour, ADP, qui gère 24 aéroports à travers le monde, n’a pas publié d’éléments sur les conséquences du coronavirus, qui a provoqué des suspensions de vol pour plusieurs compagnies aériennes internationales (dont Air France KLM, British Airways, les grands transporteurs américains, Air China ou encore Cathay Pacific) à mesure que l’épidémie se propageait au-delà de la Chine, jusqu’ici véritable locomotive du secteur.

L’effet du coronavirus est "difficilement modélisable. À ce stade, l'impact sur notre trafic et sur notre Ebitda, à la fois sur nos redevances aéroportuaires comme sur nos redevances commerciales, reste limité", a déclaré le PDG d’ADP Augustin de Romanet ce matin à la presse – ce d’autant plus que le trafic est plus réduit en Asie en cette période de l’année. Les conséquences pourraient être plus sérieuses à partir du mois d’avril si l’épidémie continuait à se propager, a précisé le directeur financier Philippe Pascal.

Le trafic entre Paris et la Chine représente 2% du volume global et les destinations chinoises représentent 15% du chiffre d'affaires des commerces, ajoute-t-il. En 2003, lors de l'épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (Sras), Paris avait perdu 700.000 passagers "avec un épisode qui avait duré deux à trois mois et n'avait pas eu d'impact significatif pour le groupe", rappelle Philippe Pascal. Paris est la ville européenne la mieux reliée à la Chine avec treize villes desservies.

Plus globalement, les comptes et l’activité 2019 d’ADP ont été affectés par la fermeture d’Atatürk, alors que la concession de TAV courrait jusqu’en janvier 2021. En données brutes, il baisse de 16,7% par rapport à 2018 (à 234,5 millions de passagers). Mais en retirant l’aéroport turc du périmètre, le trafic progresse de 2,3%. Idem en terme financier, même si les conséquences ont été en parties absorbées par la compensation de 389 millions d’euros accordés par le gouvernement d’Ankara à TAV – une décision saluée par le groupe. Cette somme sera versée en deux temps, pour moitié dans les prochaines semaines et la deuxième partie en février 2021. C’est pourquoi "une créance a été constatée pour le montant actualisé de l’indemnisation, soit 385 millions d’euros", indique ADP dans les annexes des comptes consolidés. "L’effet sur le résultat net part du groupe s’élève à 26 millions d’euros", lit-on également.

En conséquence, le résultat net part du groupe d’ADP a reculé de 3,5% en 2019, à 588 millions d’euros, pour un Ebitda de 1,77 milliard (+5,5%) et un chiffre d’affaires de 4,7 milliards (+17,3%), grâce à la croissance des activités aéronautiques et commerciales à Paris (+50,6% du revenu des activités des commerces, des locations et de la publicité), à l'intégration de deux sociétés de services à Paris et l'intégration sur une année complète de l'aéroport d'Amman acquis en avril 2018, selon le groupe.

Le consensus d’analystes de Factset s’établissait à 614 millions, pour un Ebitda de 1,81 milliard et un chiffre d’affaires de 4,73 milliards d’euros.

Concernant le projet de privatisation d’ADP, le projet reste au point mort au moins jusqu’au 12 mars (date qui signe la fin de la période de consultation concernant un éventuel referendum sur la question). Si les dirigeants estiment que l’attention du gouvernement pourrait être encore monopolisée sur les élections municipales des 15 et 22 mars, ils se sont déclarés d’ores et déjà prêts à enclencher le processus, à l’occasion de la réunion avec les analystes ce matin.

Augustin de Romanet a fait le point sur le Contrat de régulation économique 2021-2025 (CRE 4), très attendu par les investisseurs et les futurs candidats à la privatisation du groupe (car il doit notamment fixer les investissements futurs) : le dirigeant a annoncé la fin des consultations publiques et des réunions avec l’IATA (Association internationale du transport aérien) et il prévoit que la commission consultative se saisisse de la CRE 4 dans les mois qui viennent, pour une signature en novembre 2020.

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