Fusions, Acquisitions
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Tout n'est pas réglé entre Alstom et Bombardier
Alstom réunit son conseil d’administration ce soir pour examiner une offre sur les activités ferroviaires du conglomérat industriel canadien Bombardier. Mais contrairement à certaines informations parues hier, ce conseil ne sera pas décisionnaire, selon nos informations. En effet, plusieurs sources concernées viennent de nous indiquer que des points de blocage persistaient sur certaines modalités – lesquelles n’ont pas été précisées. La réunion de ce soir devrait donc se borner à être un point d’étape sur les négociations. Alstom, qui ne fait pas de commentaires, est conseillé par Nicolas Bonnault et Brice Lemonnier, deux associés-gérants de la banque Rothschild.
Bombardier Transport, l’activité ferroviaire visée par le groupe français, est, depuis 2015, placé dans un holding contrôlé à 70% par le conglomérat canadien et à 30% par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). Une telle structure implique de trouver un moyen satisfaisant de désintéresser la CDPQ : celle-ci acceptera-t-elle un paiement en numéraire, ou en actions Alstom ? Dans ce cas, la position du gouvernement français, que l’on sait attentif sur l’avenir du fabricant des TGV, est aussi une interrogation.
La publication des résultats Bombardier, demain à 08h00 heures de Montréal (13 heures à Paris), ne devrait pas être l’occasion d’une annonce définitive concernant sa branche ferroviaire. Malgré tout, le marché attend des réponses du Canadien sur d’autres sujets importants : l’état de ses finances (Bombardier ploie sous une dette équivalente à 8,2 milliards d’euros, dont deux milliards arrivent à échéance 2021), mais aussi l’avenir de ses activités dans l’aviation (avions d’affaires et moyens courriers). En fin de semaine dernière, l’agence Dow Jones écrivait qu’Airbus (qui publiera ses comptes demain matin également) était en discussions avancées avec Bombardier pour lui acheter sa participation de 33,6% dans la coentreprise qui gère le programme de la famille d’avions A220, Airbus Canada Limited Partnership. Lancé par Bombardier Aéronautique et initialement nommé CSeries, ce programme d’appareils moyen-courrier a été sauvé en 2016 par l’arrivée d’Airbus et le gouvernement du Québec au capital du programme. L’avionneur européen en détient 50% et le Québec 16,4%, qui lui conserverait intact sa participation. La décision de Bombardier de vendre sa part fait suite à la demande d’Airbus que ses partenaires réinvestissent dans le joint-venture.
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