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Les litiges et l’A400M plombent des résultats d’Airbus en trompe-l’œil

Le groupe, très performant dans l’aviation civile, devra se pencher sur sa division Defense & Space en 2020.
Airbus - usine - industrie - avion
Airbus - usine - industrie - avion

En 2020, Airbus aura la lourde tâche de faire oublier sa perte nette de 1,4 milliard d’euros enregistrée l’année dernière, liée à des charges exceptionnelles massives, alors qu’il avait enregistré un bénéfice net de 3,1 milliards un an plus tôt.

Le groupe d’aéronautique et de Défense européen, qui a publié ses comptes 2019 ce matin, a en effet dû encaisser plusieurs revers, d’un montant total de 5,6 milliards d’euros, dont principalement :

  • 3,6 milliards payés aux autorités américaines, françaises et britanniques pour éviter des poursuites pour corruption dans le cadre d’appels d’offres dans une dizaine de pays
  • 1,2 milliard de provisions liées à la révision en baisse des livraisons dans le programme militaire A400M
  • 221 millions provoqués par la suspension par l’Allemagne des exportations d’équipements militaires à l’Arabie Saoudite (suite à l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi)
  • 202 millions suite à l’arrêt du programme A380

En dehors de ces éléments, les comptes, soutenus par une performance commerciale solide, sont en forte croissance. Le chiffre d’affaires a progressé de 11% à 70,5 milliards d’euros (grâce à un record de 863 livraisons dans les avions commerciaux), le résultat opérationnel ("Ebit") ajusté de l’exceptionnel s’est adjugé 19% (alors qu’Airbus prévoyait +15%) et le flux de trésorerie disponible ("FCF") avant acquisitions et financements-clients, aidé par les livraisons et la performance opérationnelle, affiche une hausse de 21%, à 3,5 milliards d’euros.

Mais il serait imprudent de considérer que, débarrassé des éléments exceptionnels négatifs, Airbus aura la tâche aisée pour 2020, pour laquelle il vise notamment 880 livraisons dans l’aviation commerciale, un résultat opérationnel de 7,5 milliards d’euros et un FCF avant acquisitions et financements-clients de 4 milliards.

Car même ajustés, les comptes 2019 cachent des déséquilibres, en particulier dans la division Defense & Space. La croissance des revenus est en effet quasi-exclusivement le fait des avions commerciaux (+14% à 54,8 milliards d’euros), que ceux du pôle Défense et espace reculent de 1%. Même constat pour le résultat opérationnel : les bénéfices du militaire et spatial s’effondrent de 40%, à 565 millions d’euros, alors que ceux de l’aviation commerciale bondissent de 32% (à 6,4 milliards) et ceux d’Airbus Helicopters progressent de 11% (à 422 millions).

Le groupe a lancé pour cette année un programme de restructuration pour redresser Defense & Space, suscitant de grandes craintes sociales en Espagne, qui concerne 70% de cette activité. Son objectif est de restaurer une marge d’Ebit proche de 10% (contre 5% actuellement). Pour l’instant, l’embargo allemand, qui est l’un des éléments pesant sur l’A400M, visant l’Arabie Saoudite a été prolongé jusqu’en mars 2020. "Le programme A400M continuera à drainer de la trésorerie jusqu’au milieu de l’exercice 2020", a précisé ce matin Dominik Asam, directeur financier d’Airbus depuis le 1er avril. Le président exécutif Guillaume Faury a tenu à tuer dans l'oeuf d'éventuelles craintes sur la pérennité de l'activité au sein du groupe : "Il est très important de conserver Defense & Space dans le portefeuille d'activités d'Airbus", a-t-il déclaré.

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