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Capgemini ne rassure pas totalement
Dans l’attente du résultat de son OPA sur Altran Technologies et à l’aune de ses résultats 2019, Capgemini estime que les voyants sont au vert pour constituer un leader mondial du numérique et de l’ingénierie. Mais les investisseurs ne sont pas de cet avis, sa croissance ayant montré des signes de faiblesse en fin d’année dernière : l'action a terminé hier en baisse de 3,4% à 113,40 euros.
Le bénéfice net s’est établi à 856 millions d'euros en 2019, a annoncé le groupe hier. Ce montant représente une hausse de 7% par rapport à l’année précédente, mais c'est moins que les 1,08 milliard d'euros qu'attendaient en moyenne les analystes, selon le consensus Factset. La marge opérationnelle a certes progressé de 20 points de base sur un an, mais à 12,3% elle s’établit au bas de la fourchette de l’objectif fourni par la société (entre 12,3 et 12,6%).
Si la croissance du chiffre d’affaires atteint 5,3% à change constant en 2019 (à 14,1 milliards d’euros), elle a ralenti à 2,9% au quatrième trimestre. C’est notamment lié à un recul de 0,4% aux Etats-Unis (qui représente près d’un tiers de son activité), en raison notamment d’un effet de base défavorable, et de 3,1% au Royaume-Uni/Irlande, Brexit oblige. Ce marché devrait encore reculer au premier trimestre 2020. "Le groupe a réussi à croître une nouvelle fois plus vite que le marché, c'est une bonne nouvelle", s’est néanmoins satisfait Paul Hermelin, le PDG de Capgemini, lors d'une conférence téléphonique.
La question est donc de savoir si le ralentissement observé au quatrième trimestre va se poursuivre sur l’année 2020. Capgemini a justement indiqué hier que ce serait le cas. C’est pourquoi il a prévu une croissance d’environ 4% de son chiffre d’affaires à change constant. Il vise une marge opérationnelle comprise entre 12,4% et 12,6% et un flux de trésorerie disponible organique autour de 1,2 milliard d’euros. Ce sera donc légèrement moins bien qu’en 2019, mais l’année dernière a constitué un record de 1,29 milliard – un montant largement supérieur à l’objectif fixé par le groupe, établi à 1,1 milliard.
Mais ces prévisions ne tiennent pas compte des effets de l’acquisition du groupe d’ingénierie et de R&D externalisées Altran, qui tarde à se conclure en raison de la contestation du prix de l’OPA par certains actionnaires minoritaires, menés par le fonds activiste américain Elliott (Capgemini offrait au départ 14 euros par action, avant de la réévaluer à 14,50 euros).
À l’issue de la réouverture de cette offre (qui prenait fin le 22 janvier), Capgemini détient 55,13% du capital d'Altran, a indiqué le groupe hier après-midi dans un communiqué séparé. Fin janvier, il en détenait 53,57%. Il a conditionné le succès de son OPA à l’acquisition d’au moins 50,01% du capital d’Altran. Mais l’objectif de Capgemini est évidemment de réaliser l’intégration complète de sa cible et son retrait de cote.
En outre, pour pouvoir prendre possession de ses actions dans Altran, Capgemini doit attendre la décision de la cour d'appel de Paris sur la conformité du visa donné à l'OPA par l'Autorité des marchés financiers (AMF). Cette décision est attendue le 19 mars, indique Capgemini. En cas de décision favorable, le prétendant "s'engage à rouvrir une nouvelle fois l'offre aux mêmes conditions financières pour une période complémentaire de dix jours".
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