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EDF soulage les investisseurs

Malgré une hausse continue de la dette de l’électricien, le marché a privilégié des résultats financiers enfin bien meilleurs que prévu, soutenus par un effet prix.
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Pour une fois, EDF fait parler de lui pour autre chose que les déboires de ses programmes EPR et des incidents sur certaines centrales nucléaires. En 2019, le producteur d’électricité français a vu son bénéfice net multiplié par 4,4 pour atteindre 5,2 milliards d’euros. Son excédent brut d’exploitation (EBE) a cru de 12% à 16,7 milliards. Le flux de trésorerie atteint 1,8 milliard d’euros (en excluant toutefois le projet d’EPR britannique d’Hinkley Point et les coûts du déploiement du compteur Linky).

"Nos performances en 2019 confortent et prolongent le rebond enregistré en 2018: en effet tous nos objectifs financiers sont atteints, nous sommes un groupe profitable", s’est ainsi réjoui son PDG Jean-Bernard Lévy lors d'une conférence téléphonique vendredi matin. Il proposera en AG le versement d’un dividende de 0,48 euros par action au titre de l’exercice 2019, soit un taux de distribution de 45%.

Dépassant les prévisions des analystes (qui attendaient en moyenne un résultat net de 3 milliards d'euros et un Ebitda de 16,3 milliards, selon le consensus Refinitiv, et un dividende de 0,327 par action selon le consensus Bloomberg), EDF a bondi de 8,9% en Bourse vers 14h30. Les analystes de Jefferies ont ainsi salué une publication "positive" avec "des perspectives robustes", tandis que ceux d’UBS saluaient le dividende.

Si le redressement est indéniable, son ampleur peut être trompeuse. Le bénéfice d’EDF a ainsi été gonflé par la hausse des marchés financiers en 2019, qui a joué favorablement sur la juste valeur des actifs dédiés d’EDF, destinés à couvrir les frais de démantèlement nucléaire et de gestion des déchets radioactifs.

La rentabilité a été tirée par un effet prix en France et au Royaume-Uni, alors qu’EDF a subi un recul de sa production nucléaire dans ces deux pays et sa production hydraulique dans l’Hexagone (en raison de la sécheresse). Les tarifs réglementés en France ont ainsi augmenté de 5,9% en juin 2019. La filiale EDF Renouvelables en a particulièrement profité.

L’endettement de l’électricien reste un sujet. Sa dette nette a progressé de 19%, à 41,1 milliards d’euros fin 2019, pénalisée par la norme comptable IFRS16, ses investissements dans le nucléaire au Royaume-Uni et le déploiement des compteurs Linky. Mais l’endettement net atteint 2,46 fois d’EBE, un multiple meilleur que l’objectif de 2,7.

Cette situation a été l’occasion pour Jean-Bernard Levy de plaider la cause de son groupe. "Nous sommes structurellement dans une situation d'augmentation de notre dette, sauf à prendre des mesures exceptionnelles", comme des cessions ou une augmentation de capital, a-t-il déclaré. Tout en concédant que les EPR anglais et la centrale de Flamanville ont vocation à gagner de l’argent et donc à ne plus peser sur le bilan d’EDF, le dirigeant a plaidé pour la modification de la réglementation pour sortir de l’ornière.

Dans le viseur, une modification – réclamée de longue date – du mécanisme Arenh (Accès régulé à l'énergie nucléaire historique), qui oblige EDF à vendre à ses concurrents une partie de sa production nucléaire française à un prix fixe, jugé trop faible et qui menace la pérennité de ses revenus. La Commission européenne doit encore valider le projet de réforme présenté par la France. Pour Jean-Bernard Levy, c’est une étape fondamentale qui conditionne la mise en œuvre du projet "Hercule", qui vise à réorganiser l’électricien en deux entités : l’une, publique, regroupant les actifs traditionnels en particulier le nucléaire, et l’autre, partiellement cotée en Bourse, regroupant les actifs renouvelables et la distribution. Une telle séparation suit la tendance amorcée en Europe par les énergéticiens allemands. Le PDG estime pouvoir présenter des propositions au gouvernement à la fin du premier semestre, pour une éventuelle mise en œuvre – sans certitude toutefois – début 2022.

Pour l’exercice 2020, EDF anticipe un EBE compris entre 17,5 et 18 milliards d'euros, avec des conditions de prix encore favorables et une hausse des tarifs réglementés en France. Le groupe prévoit une production nucléaire en France de 375 à 390 TWh, par rapport 379,5 TWh réalisés en 2019. Le ratio d’endettement est attendu à environ 2,6 alors que le groupe veut avoir cédé entre 2 et 3 milliards d’euros d’actifs en 2019 et 2020.

Le marché a applaudi les chiffres d’EDF : le titre s’adjugeait 9% vers 16h40 vendredi, à 12,78 euros.

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