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Faurecia s’apprête en prévision de son indépendance

L’équipementier automobile français, qui quittera le giron de PSA après le mariage de ce dernier avec Fiat Chrysler, a su manœuvrer dans la tempête.
Faurecia
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Alors que l’année 2019 a été difficile pour bon nombre d’acteurs de l’industrie automobile et que 2020 comporte son lot d’incertitude, Faurecia s’est démarqué lundi matin en publiant des résultats certes globalement en baisse, mais dont la tenue a réjoui les investisseurs. Ceux-ci ont d’ailleurs soutenu l’action de l’équipementier, qui s’adjugeait près de 7,3% vers 15h00 à la Bourse de Paris (à 46,25 euros).

L’équipementier français accuse une baisse de 16% de son bénéfice net (à 590 millions d’euros), en raison d’une hausse des charges nettes de restructuration (194 millions d’euros contre 101 millions en 2018) consécutives à la baisse du marché automobile mondial et à la restructuration du japonais Clarion Electronics, acquis l'année dernière. Sa marge opérationnelle a également reculé de 10 points de base (pb), à 7,2% (7,4% en excluant l’effet dilutif lié à l’intégration de Clarion).

Mais le marché retient que le groupe a respecté ses objectifs qu’il a maintenus tout au long de l’année (contrairement à de nombreux concurrents et clients comme Continental, Plastic Omnium, Daimler, Renault…), alors qu’ils reposaient sur une prévision d’un recul beaucoup trop optimiste de la production automobile mondiale : -1% contre -5,8% finalement.

Faurecia a également surpris les analystes avec sa génération de trésorerie : son flux de trésorerie net s’est établi à 587 millions d’euros en 2019, en hausse de 11% par rapport à 2018, pour un consensus de 489 millions et alors qu’il avait lui-même prévu de réaliser au moins 500 millions.

L’intégration de Clarion à partir d’avril 2019 avance également sans anicroche : les économies ont atteint 22 millions d’euros, soit "un montant légèrement supérieur aux objectifs", a indiqué Patrick Koller, le directeur général de Faurecia, en conférence ce matin. La filiale a renoué avec les bénéfices et a affiché un résultat opérationnel de 11,9 millions d’euros en 2019 (contre 300.000 euros un an plus tôt), soit une marge de 1,5% (2,3% en excluant 6 millions d’euros de coûts d’intégration exceptionnels).

Pour 2020, Faurecia vise une marge opérationnelle située entre 4 et 5% en 2020, puis autour de 7% en 2022 et de 8% en 2025, confirmant les annonces de sa journée investisseurs du 26 novembre 2019.

Il peut s’appuyer sur un montant de prises de commandes record en 2019, dont 1,9 milliard d’euros pour la nouvelle activité Faurecia Clarion Electronics, issue des acquisitions de Coagent, Parrot et Clarion. Les commandes de produits liés aux marchés d’avenir (comme la mobilité propre et l’habitacle intelligent) ont représenté 17% en 2019, contre 12% un an plus tôt. Il revendique d’avoir engrangé 68 milliards d’euros de commandes ces trois dernières années.

Globalement, les prévisions de Faurecia pour 2020 dégagent une certaine confiance alors que le marché automobile mondial manque totalement de visibilité. L’équipementier compte atteindre une marge opérationnelle supérieure à 7,2% et un cash flow net supérieur à 500 millions d’euros. Il espère que l’évolution de son chiffre d’affaires soit supérieure de 100 à 200 pb à celle de la production automobile mondiale, pour laquelle il anticipe une baisse d’environ 3%, dont une chute à deux chiffres au premier trimestre, principalement en raison de la Chine (coronavirus et tensions commerciales obligent) et de l’Europe (où l’effet des nouvelles normes d’émissions est difficile à anticiper). Dans l’Empire du Milieu, 13 de ses usines sur 58 sont encore fermées en raison du virus, mais 7 devraient rouvrir vendredi.

Faurecia proposera un dividende de 1,30 euro par action au titre de 2019 lors de son assemblée générale du 29 mai, contre 1,25 euro un an plus tôt.

En définitive, Faurecia peaufine son profil à l’aune de sa future indépendance : préalablement à son rapprochement avec Fiat Chrysler Automobiles (FCA), le constructeur PSA prévoit en effet de distribuer à ses actionnaires sa participation de 46% dans l’équipementier.

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