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Les géants du numérique : champions de la Bourse… mais pas du climat

En trois mois, l’augmentation de leur capitalisation représente le PIB de pays de l’OCDE ; mais leurs modèles économiques contredisent l’urgence climatique, selon Fabernovel.
GAFA - Google Amazon Facebook Apple
GAFA - Google Amazon Facebook Apple

Après un troisième trimestre difficile en Bourse, le secteur de la technologie, en particulier les acteurs du numérique, s’est nettement distingué au dernier trimestre 2019 et depuis le début de l’année. C’est ce qui ressort de l’étude trimestrielle "Gafanomics Quarterly" de Fabernovel, qui repose sur un échantillon de 18 sociétés technologiques "de rupture" (dont les innovations ont créé de nouveaux usages) dépassant les 10 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Selon les calculs du cabinet de conseil, ce groupe (qui comprend notamment Alphabet, Amazon, Apple, Baidu, Microsoft, Netflix, Spotify, Tencent, Tesla, Twitter et Uber) a enregistré une croissance médiane de 23% du chiffre d’affaires et de 17% du résultat opérationnel au quatrième trimestre – et une évolution similaire pour l’ensemble de l’année. L’échantillon a été en particulier porté par Apple, qui a battu son record de chiffre d’affaires trimestriel (à 91,8 milliards de dollars).

Une croissance boursière liée aux revenus

Les parcours boursiers sont à l’avenant : en prenant une période qui englobe les publications des comptes trimestriels et annuels (du 7 novembre 2019 au 7 février 2020), ces géants du numérique ont vu leur capitalisation s’accroître au total de… 1.339 milliards de dollars. "L’équivalent du PIB de l’Espagne ou de la capitalisation boursière de Microsoft", illustre Jean-Christophe Liaubet, associé-gérant de Fabernovel. Microsoft réalise la plus forte augmentation de capitalisation de l’échantillon, avec 298 milliards de dollars, suivi par Apple (280 milliards), Amazon (130 milliards), Alphabet (la maison-mère de Google, 124 milliards) et les chinois Alibaba (120 milliards) et Tencent (84 milliards). Tesla se distingue en doublant son cours de Bourse, profitant de la publication d’un bénéfice pour le deuxième trimestre consécutif et d’une hausse de sa production de 23% à 110.000 unités au cours du dernier trimestre.

"Ces progressions illustrent aussi la capacité que ces groupes ont acquise à affiner leur communication financière" pour allumer des contre-feux face à certains indicateurs négatifs, explique Jérémy Taïeb, analyste financier chez Fabernovel : ainsi, face au ralentissement de la croissance des revenus publicitaires de Google et à la dégradation de sa marge en raison d’investissements de diversification nécessaires, Alphabet a communiqué pour la première fois sur les revenus liés à Youtube et à son activité dans le Cloud. Conséquence : le cours d’Alphabet n’a perdu que 4% au cours de la période du 7 novembre au 7 février, alors que les sanctions sont souvent sévères dans la tech en cas de déception.

Géants numériques, nains environnementaux

Faisant un bilan de la décennie écoulée, Fabernovel souligne l’hégémonie prise par le secteur. En 2010, les 10 plus grandes capitalisations mondiales ne comptaient que 2 entreprises de la technologie : Microsoft et Apple. Aujourd’hui, elles en comptent 6 de plus : Alphabet, Amazon, Facebook, Alibaba, Tencent et Visa.

Pourtant, "les cours de Bourse de ces acteurs ont progressé largement plus vite que leurs chiffres d’affaires", souligne Jean-Christophe Liaubet. Microsoft a ainsi multiplié son cours par 6, alors que ses revenus ont doublé ; le cours d’Amazon a été multiplié par 20, quand ses revenus ont été multipliés par 11. Cette disproportion "illustre la confiance des investisseurs ans les modèles économiques de ces acteurs, bien plus axés sur la croissance que sur la rentabilité".

Pourtant, ils n’ont pas été exempts de scandales : Cambridge Analytica pour Facebook, conditions de travail chez Amazon, abus de position dominante de Google, obsolescence programmée chez Apple… Mais ils ont su rebondir.

Le plus grand défi qui se profile est celui de l’environnement, affirme Fabernovel. En dépit de quelques annonces (le "supplier clean energy program" d’Apple, le plan carbone négatif à 2030 de Microsoft…), "l’investissement de ces géants du numérique semble pourtant encore trop minime si on le rapporte à leur capacité financière", indique l’étude. Les 5 Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) ont agrégé 72 milliards de dollars de cash en 2019… soit neuf fois le budget moyen de l’EPA (l’agence américaine pour la protection de l’environnement) depuis 2001.

Les géants de la tech font face à leurs contradictions : leurs modèles économiques et leur création de valeur reposent sur la consommation et l’augmentation du temps d’attention de leurs clients. Or, à travers notamment la consommation gloutonne en énergie des serveurs et des matériaux utilisés dans toute la chaîne de valeur, le numérique est l’un des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre : il est aujourd’hui responsable de 4% du total des émissions dans le monde, contre 2,8% pour le secteur aérien, pourtant beaucoup plus décrié depuis un an.

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