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Axa XL sera la priorité d’Axa pour atteindre ses objectifs 2020

Les dommages et la santé tirent les résultats d’Axa, qui ont toutefois souffert d’éléments exceptionnels et des catastrophes naturelles.
Thomas Buberl - AXA
Thomas Buberl - AXA

Les éléments exceptionnels ont fortement pesé sur les comptes d’Axa en 2019. Manifestée mi-2016, la volonté du deuxième assureur européen de se recentrer sur le dommage, la prévoyance et la santé (au détriment de l’assurance-vie, pénalisée par la faiblesse persistante des taux d’intérêt) et dans les pays disposant d’une taille significative conduit le groupe à mener une coûteuse réorganisation, qui s’est encore fait sentir l’année dernière.

Axa a ainsi passé près de trois milliards d’euros de charges exceptionnelles, qui expliquent que son résultat net de 3,86 milliards d’euros (qui progresse de 75% à change constant par rapport à un bénéfice extrêmement faible en 2018) soit par exemple bien inférieur aux 4,36 milliards attendus en moyenne par les analystes, selon le consensus FactSet.

Parmi les charges, 600 millions d’euros font suite à la vente définitive d’Axa Banque Belgique (vendu à Crelan pour 620 millions), 600 millions liés à la déconsolidation de l’ex-filiale américaine d’assurance-vie Equitable Holdings (vendue en 2019 à Goldman Sachs pour 3,1 milliards de dollars) et 791 millions de mise en juste valeur des produits dérivés utilisés par Axa pour couvrir les risques de ses placements sur les marchés financiers.

Ce dernier point est souvent un élément de volatilité important dans les résultats des assureurs, avec des effets qui s’opposent. Comme l’a détaillé Etienne Bouas-Laurent, le directeur financier d’Axa, la hausse des marchés actions en 2019 (qui représente un tiers des protections d’Axa) a fait chuter la valeur des dérivés actions, mais a fait grimper les plus-values latentes. La baisse de l’euro a également pesé sur les dérivés, mais a joué positivement sur le bilan. La faiblesse des taux a enfin pesé sur les dérivés de taux, qui concernent la dette d’Axa SA.

En outre, l’intégration d’Axa XL, issue de l’acquisition du groupe bermudien XL en 2018 pour 12 milliards d’euros et réorienté vers les risques d’entreprises (ou "grands risques") et la réassurance, continue de peser. La filiale n’est pas encore rentable (son ratio combiné atteint 101,5% en 2019), en raison d’un coût des catastrophes naturelles plus élevé que prévu : elles ont entraîné des charges de 1,05 milliard d’euros, contre un montant budgété habituel de 750 millions.

Le redressement de la rentabilité d’Axa XL sera la priorité du groupe français en 2020. Pour cela, il a doté la filiale d’un nouveau patron, annonçant aujourd’hui le remplacement de Greg Hendrick par Scott Gunter, ancien "vice-président senior" de l’assureur américain Chubb (qui se revendique numéro un mondial en dommages). "D’une phase de transformation, nous devons passer à une phase d’accélération", a justifié Thomas Buberl, le directeur général d’Axa.

Pour devenir profitable, Axa XL a passé d’importantes hausses de prix, a indiqué Etienne Bouas-Laurent. Pour lutter contre la volatilité des résultats, la filiale va réduire l’exposition d’Axa XL aux catastrophes naturelles, être plus sélectif dans les contrats de responsabilité civile et mettre en place des couvertures de réassurance supplémentaires.

Ces mesures coûteront 200 millions d’euros de résultat opérationnel d’Axa XL, qui a en conséquence dégradé d’autant sa prévision pour 2020, à 1,2 milliard d’euros.

Les comptes du groupe Axa restent toutefois bien orientés : son chiffre d’affaires progresse de 1% (et de 5% à change constant) à 103,5 milliards d’euros, son résultat opérationnel de 4% à 6,5 milliards, tandis que ses ratios combiné s’améliorent de 0,6 point en dommages (à 96,4%) et de 0,7 point en prévoyance (à 93,2%), et que son ratio Solvabilité II se renforce de 5 points à 198%. En santé, le ratio combiné se dégrade de 0,1 point, à 94,1%.

"Le résultat opérationnel [reflète] une forte amélioration des performances opérationnelles de la France (+9%), l’International (+17%), l’Asie (+3%) et l’Europe (+1%), essentiellement portées par une amélioration de la rentabilité technique en dommages et la croissance de l’activité santé", indique le groupe dans son communiqué.

Le rendement des fonds propres atteint 16%, soit l’objectif fixé dans le plan Ambitions 2020, à la grande satisfaction des dirigeants.

Mais les investisseurs ont surtout retenu les difficultés d’Axa XL et l’exposition des assureurs aux catastrophes naturelles : l’action Axa déclinait de 3% à 10h, tandis que le réassureur Swiss Re, également très exposé aux "catnat", chutait de près de 5% après la publication de ses comptes 2019.

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