Taux - Dette Souveraine
Taux - Dette Souveraine
La France émet encore à taux négatif
Comme les autres valeurs refuge du marché, les obligations de l'Hexagone ont bénéficié du retour de l'aversion pour le risque des investisseurs, dans un contexte mondial mouvementé et de craintes de ralentissement de la croissance. L'Agence France Trésor a ainsi émis ce matin pour 9,74 milliards d'euros à 3, 5 et 6 ans à des rendements respectifs de -0,59%, -0,50% et 0,40%. La demande a été soutenue sur l'ensemble des échéances, de plus de 2 fois supérieure à l'offre en moyenne.
"Il y a un mouvement de fuite vers les valeurs refuge depuis l'épidémie de coronavirus, et la France s'en sort plutôt bien par rapport aux autres pays 'core' de la zone euro", explique ainsi Jean-Christophe Machado, stratégiste taux chez Natixis. Ainsi, alors que le dix ans français se traitait en territoire positif le 13 janvier dernier -jour où le premier cas de coronavirus a été détecté hors de Chine - il est désormais situé à -0,21%. En un mois, le taux des obligations de l'Hexagone a ainsi diminué de 30 points de base, "ce qui constitue un fort rallye" de la part des investisseurs, souligne le stratégiste de Natixis.
La France se démarque par rapport à sa voisine allemande, dont le rendement des titres souverains a également diminué, mais dans une moindre mesure, les investisseurs étant à la recherche d'obligations de qualité, mais offrant un minimum de rendement. Pour cette raison, "le spread France/Allemagne [l'écart de taux, ndlr] s'est resserré de 2 à 3 points de base depuis le 13 janvier", poursuit Jean-Christophe Machado.
Certes, les marchés actions ont pour le moment bien résisté aux inquiétudes liées à l'épidémie de coronavirus, mais la baisse des rendements des obligations souveraines les mieux notées souligne tout de même la volonté des investisseurs de se protéger. Deux évolutions sont possibles sur les marchés dans les prochaines semaines, en fonction des informations qui seront diffusées sur l'épidémie. Soit le rendement des titres les mieux notés de la zone euro continue de baisser, et le marché actions finit par flancher, si la Chine annonce une recrudescence des cas de coronavirus ou une nouvelle façon de comptabiliser les malades : "Ceci entraînerait une dégradation de la confiance dans les autorités chinoises et une nouvelle ruée des investisseurs vers les actifs les plus sûrs", explique encore Jean-Christophe Machado. Dans ce cas, le rendement des titres français à dix ans pourrait descendre jusque -0,3% (contre -0,18% actuellement). Soit au contraire, le nombre de cas se stabilise et les taux français devraient remonter dans la foulée.
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