Taux - Dette Souveraine
Taux - Dette Souveraine
Les États-Unis premier emprunteur mondial en 2020
Les États devraient emplir leurs poches cette année et profiter de conditions financières encore très accommodantes pour émettre à moindre coût, avant que les banques centrales ne resserrent les ficelles de leur bourse. Selon une étude de S&P, les émissions de dette souveraine devraient ainsi atteindre 8.100 milliards de dollars au niveau mondial, soit une hausse de 2% par rapport à l'an dernier et de 20% par rapport à 2015. Les États-Unis et le Japon seront les deux plus gros émetteurs en 2020 et représenter 60% du volume des émissions mondiales, suivis par la Chine, l'Italie, le Brésil et la France, qui à eux quatre constitueront 17% du volume de titres émis.
L'ensemble de ces émissions devrait porter le stock de dette mondiale souveraine à hauteur de 53.000 milliards de dollars d'ici la fin de cette année, soit une hausse de 5% sur un an, avec un endettement total qui pourrait respectivement atteindre 17.703 milliards et 10.706 milliards aux USA et au Japon respectivement, suivis par le Royaume-Uni (2.850 milliards de dollars), la Chine (2.706 milliards), l'Italie (2.306 milliards) et la France (2.144 milliards).
Une très grande partie des émissions servira à refinancer les titres arrivant à échéance (70% du total des titres émis), tandis que les emprunts nouveaux ne devraient représenter que 2.300 milliards de dollars, soit 2,6% du PIB des États émetteurs.
Cette forte hausse des émissions par rapport à 2015 résulte à la fois de la politique monétaire très accommodante des banques centrales, qui pourraient décider de remonter les taux à partir de l'an prochain, incitant les États à s'endetter pour profiter de conditions de financement encore très avantageuses. Mais cette frénésie d'émission est aussi la conséquence du ralentissement économique mondial, qui devrait entraîner de la part des États la mise en place de politique de relance importante. En début de semaine, le FMI a d'ailleurs appelé les pays à soutenir leur économie par des programmes dépenses budgétaires, inquiet des conséquences du coronavirus pour la croissance mondiale.
Selon l'agence de notation, les émetteurs de catégorie investment grade représenteront la très grande majorité des emprunteurs cette année, tandis que les pays notés AAA ne devraient constituer que 4,8% des émissions. 47% de la dette souveraine devrait se retrouver en catégorie AA cette année, après la dégradation de trois des plus six plus gros émetteurs (France, USA et Royaume-Uni).
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