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PSA s’affirme dans la tempête

Dans un contexte difficile pour l’automobile, PSA affiche une rentabilité record rassurante à l’aune de son mariage avec Fiat Chrysler.
Carlos Tavares
Carlos Tavares

PSA envoie un signal fort au marché. Alors que son concurrent français Renault, affecté par les difficultés de Nissan et qui doit relancer ses gammes, lance un plan de restructuration, le groupe dirigé par Carlos Tavares a réalisé en 2019 des résultats financiers jamais atteints.

Le constructeur au lion, qui publiait ses comptes mercredi, affiche une marge opérationnelle courante et un bénéfice net record, qui atteignent respectivement 8,5% (en hausse de 0,8 point de pourcentage) et 3,2 milliards d’euros (en hausse de 13,2% par rapport à 2018). La division Automobile (qui exclut notamment la captive financière et la filiale équipementière Faurecia) affiche également une marge de 8,5% (+0,9 point). Pour rappel, le plan stratégique "Push to pass" prévoit une marge moyenne supérieure à 4,5% pour la période 2017-21.

Insolente rentabilité

PSA a donc réussi à augmenter son chiffre d’affaires groupe de 1%, à 74,7 milliards d’euros et celui de sa division Automobile de 0,7% (à 59 milliards), malgré une forte baisse des volumes de 10,3% (à 3,5 millions de véhicules), sans rogner sur sa profitabilité.

Le constructeur a en effet bénéficié d’une évolution favorable du mix produit et des prix/enrichissement dans l’augmentation de son chiffre d’affaires de sa division Automobile (+4,3 et +1,2 point de pourcentage respectivement) et de son résultat opérationnel ajusté automobile (+818 millions et +102 millions d’euros). Le groupe a misé gros sur les SUV, plus rentables. En 2019, il a notamment profité du succès du C5 Aircross de Citroën. Le pari de Carlos Tavares de privilégier sans ambages la rentabilité par rapport aux volumes s’avère payant.

Obsession de Carlos Tavares, PSA poursuit l’optimisation de ses coûts : il a économisé 111 euros par véhicule en 2019, en réduisant la complexité technique, multipliant des accords de compétitivité avec les partenaires sociaux et en contrôlant ses frais de R&D, permettant de baisser son seuil de rentabilité à 1,8 million de véhicules vendus – un record. Le point mort était de 2 millions en 2018 et de 2,6 millions en 2013, année où il frôla la faillite. Signe d’une certaine confiance, le constructeur a fourni aux investisseurs un objectif ambitieux de baisse de coût de production de 700 euros par véhicule pour la période 2019-21.

PSA a poursuivi l’effort de rationalisation chez Opel Vauxhall, acheté à General Motors en 2017. Structurellement en perte à l’époque, la filiale allemande voit son bénéfice opérationnel progresser de 28% en 2019, à 1,1 milliard d’euros. Les efforts de restructuration du groupe, dont Opel/Vauxhall est en grande partie l’objet, ont bondi de près d’un tiers, se montant désormais à 1,53 milliard d’euros, dont 855 millions concernant les sites industriels d’Opel Vauxhall. Ces dépenses ont constitué un pic en 2019, a précisé le directeur financier Philippe de Rovira, et ne devraient plus peser autant sur les comptes les années suivantes, alors que la restructuration devrait porter leurs fruits en termes de rentabilité.

Conséquence de cette maîtrise financière, l'activité automobile de PSA affiche un flux de trésorerie disponible insolent de 3,3 milliards d'euros.

Dépendance à l’Europe

En revanche, PSA n’a pas réglé le problème de sa dépendance au marché européen, qui s’était déjà renforcée depuis l’acquisition d’Opel Vauxhall. Le groupe y écoule 90% de ses ventes.

Il se trouve qu’en 2019 et 2020, cette dépendance lui est profitable puisqu’il subit très peu, contrairement aux constructeurs allemands, la chute du marché automobile chinois, qui promet de se poursuivre cette année en raison du coronavirus (PSA ne fait d’ailleurs aucune prévision pour ce marché en 2020). Les pertes des deux joint-ventures de PSA en Chine lui ont d’ailleurs coûté 700 millions d’euros de bénéfices.

Mais ses ventes se sont tout de même effondrées en Chine & Asie du Sud-Est (-55,4%), en Afrique-Moyen-Orient (-44%) et en Amérique latine (-22,5%, où il fut jadis très présent). PSA devra trouver des relais de croissance à l’Europe dans les années à venir – d’autant plus qu’il anticipe une baisse de 3% du marché européen en 2020. Il prépare notamment son rebond en Amérique latine et démarre sa production en Inde.

PSA a aussi un atout de taille. Il a une histoire à long terme à raconter au marché : son projet de fusion avec Fiat Chrysler Automobiles (FCA). S’il va au bout, PSA pourra s’appuyer sur un puissant pilier en Amérique du Nord, qui a toujours manqué aux constructeurs français, et au Brésil. La solidité des résultats est de bon augure avant le mariage avec FCA.

Le titre s'adjugeait près de 6% à la Bourse de Paris en milieu d'après-midi, à 18,8 euros. Le courtier Oddo BHF anticipait une réaction positive du marché : "les résultats 2019, légèrement meilleurs que le consensus et même que nos prévisions à tous les niveaux (revenus, marges et génération de trésorerie), devraient réassurer les investisseurs, en particulier parce que ces dépassements sont le fruit d'une meilleure performance interne".

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