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Sur les marchés

Sur les marchés

Une semaine boursière qui a le goût de 2008

Nombre d'indices connaissent leur pire performance hebdomadaire depuis la crise financière mondiale. La récente complaisance vis-à-vis du coronavirus semble avoir laissé place à la quasi-panique.
Wall Street - NYSE - Bourse - NYC - Etats-Unis - Amérique - New York - marchés
Wall Street - NYSE - Bourse - NYC - Etats-Unis - Amérique - New York - marchés

À l’heure où nous parlons, le coronavirus a contaminé plus de 82.000 personnes et fait plus de 2.800 morts, et ce, dans près de 50 pays. Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a évoqué hier le fait que l’épidémie avait atteint un "point décisif". C’est pourquoi il a appelé les pays à agir "rapidement" pour endiguer ce "virus très dangereux". C’est dans ce contexte que depuis quelques jours les marchés apparaissent particulièrement inquiets de l’évolution de la situation liée au coronavirus. Alors qu'ils faisaient preuve d’une relative insouciance jusqu’à récemment, la récente propagation sur l’ensemble de la planète les a fait dégringoler. "La complaisance dont a fait preuve le marché ces derniers temps est assurément de l’histoire ancienne", analyse Ned Rumpeltin, European head of currency strategy chez la banque Toronto-Dominion.

En effet, l'attitude des investisseurs a clairement changé. L’indice VIX, que l’on associe fréquemment à la peur ressentie par les investisseurs, atteint un sommet depuis la crise des dettes publiques européennes en 2011, à 45,75. C’est donc tout naturellement que les marchés financiers dévissent très fortement depuis le début de la semaine. Du côté américain, le Dow Jones a baissé de plus de 1.000 points hier, soit une baisse de 4,4%. Depuis lundi, c’est une baisse de plus de 11% à laquelle on assiste pour cet indice phare de Wall Street. Si cette dégringolade se poursuivait aujourd’hui, il s'agirait de sa plus forte perte hebdomadaire depuis le pic de la crise financière mondiale à l'automne 2008. Idem du côté européen : depuis le début de la semaine, l'Euro Stoxx, l'indice boursier rassemblant des grandes valeurs de la zone euro, affiche désormais près de 10% de recul (-9,60%). L’indice MSCI World a, lui, perdu 10% depuis une semaine. C’est sa pire performance hebdomadaire depuis la crise financière mondiale de 2008. Au total, les pertes pour les Bourses mondiales sont évaluées à 5.000 milliards de dollars. Naturellement, du côté des obligations d’Etat, on en profite : les rendements chutent et les prix s’envolent, les investisseurs se précipitant vers les actifs dits "sûrs". C’est ainsi que le 10 ans américain est à son plus bas historique, à 1,181% en ce début d'après-midi. Le Bund allemand, lui, retrouve un plus bas depuis octobre dernier, à -0,619%.

Ce mouvement sur les marchés financiers serait-il parti pour durer ? Les intervenants de marché semblent être dans l’inconnu le plus total. "On n'a pas encore de réponses et on ne va pas en avoir pendant un certain temps, sans doute pas avant deux à quatre semaines", décrypte Maris Ogg, gestionnaire de portefeuilles pour Tower Bridge Advisors. Pour Andrea Tuéni, analyste de Saxo Banque, "l'environnement de marché est assez déprimé. Il n'a pas encore cédé à la panique mais il y a des premiers signes de capitulations d'investisseurs". Selon Alexandre Baradez, responsable Analyses Marchés chez IG France : "Tant que le flot d’information ne donne pas le sentiment aux marchés d’une amélioration de la situation sur le front de la progression de l’épidémie au niveau mondial, il n’y a pas de raison de penser que les marchés pourraient rebondir durablement, même si après près de 13% de baisse en ligne droite, des zones techniques pourraient offrir un répit voire une possibilité de rebond pendant quelque temps." La direction des investissements de Meeschaert Gestion Privée explique, elle, que la question pertinente à laquelle il est aujourd’hui "impossible de répondre", et dont "les avenirs économique et boursier dépendent", est celle "de la durée de l’épidémie." 

Au-delà de ces mouvements de panique parfois exagérés dont les marchés sont coutumiers, Goldman Sachs s'inquiète, elle, d'éléments plus fondamentaux. En effet, selon David Kostin, le chef stratégiste de la banque américaine, la croissance des bénéfices des entreprises américaines devrait être nulle en 2020 à cause du coronavirus. "Nous avons mis à jour notre modèle de bénéfices pour intégrer la probabilité que le virus se répande.", a-t-il déclaré. Et concrètement, comment le coronavirus pourrait-il mener à une telle stagnation ? "Notre prévision de profits se base sur un grave déclin de l'activité économique chinoise au premier trimestre, une baisse de la demande finale pour les exportateurs américains, une perturbation de la chaîne d'approvisionnement pour de nombreuses firmes américaines, un ralentissement de l'activité économique américaine et une incertitude accrue pour les entreprises", a détaillé David Kostin. "Une pandémie plus grave pourrait entraîner une perturbation plus prolongée et une récession américaine", a-t-il prévenu. En 2021 cependant, les profits des entreprises américaines devraient croître de 6% selon la banque.

 

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