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Assurances

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Le mariage géant Aon-Willis Towers Watson bouleverse la donne en France

Les deux courtiers vont former le numéro un mondial en assurance de grands risques pour 30 milliards de dollars. En France, le nouvel ensemble dominera également.

A près de 30 milliards de dollars, c’est le deal de l’année que les banquiers d’affaires ne devaient pas rater. Le courtier en assurances Aon a annoncé l’acquisition de son concurrent Willis Towers Watson dans une transaction en actions. Respectivement numéros deux et trois mondial du courtage jusqu’à aujourd’hui, ils formeront ainsi le leader mondial dans l’assurance d’entreprises (ou grands risques) : ils cumulaient 19 milliards de dollars de revenus en 2018 (chiffres d’Insurance Information Institute), devant Marsh & McLennan à 17 milliards. Arthur J Gallagher termine le podium, loin derrière (avec 5 milliards de dollars de revenus). Aon était conseillé par Credit Suisse et Willis Towers Watson par Goldman Sachs.

En France, cette transaction sera loin d’être neutre. Willis Towers Watson possède Gras Savoye, qui domine le classement de l’Argus de l’Assurance du courtage en France (avec 496 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2018). Aon France, lui occupe le cinquième rang (avec 333 millions). Avec 829 millions d’euros cumulés, le nouvel ensemble domine largement le marché, devant Siaci Saint-Honoré à 437 millions, Marsh & McLennan à 385 millions et Verspieren à 380 millions. "Il n’existe pas tant d’opérateurs que cela dans les grands risques en France. Le futur ensemble sera doté d’une capacité de négociation phénoménale. Je pense qu’il y a un risque vis-à-vis des autorités de la concurrence. La France est l’un des marchés où l’opération peut poser le plus de problèmes", estime Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet Facts & Figures. Les mesures correctives pourraient par exemple consister en la vente de cabinets de courtage précédemment acquis par les protagonistes sur le marché français ou une interdiction de mener d’autres opérations de croissance externe pendant plusieurs années.

En France comme ailleurs, le développement du courtage en assurances d’entreprises s'est fait principalement par acquisition dans un secteur historiquement très morcelé. "Ces dernières années, les transactions ont été favorisées par l’entrée de fonds d’investissement au capital de nombreux courtiers. Ces actionnaires financiers poussent aux opérations de croissance externe", explique le consultant. Pour l’investisseur qui veut s’exposer au secteur de l’assurance, le ticket d’entrée dans les compagnies d’assurances est beaucoup trop élevé, vu la taille de ces dernières.

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