Sur les marchés
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Jeudi noir à Paris ... et dans le monde entier
Voici en quelques points ce qu'il faut retenir d'une journée malheureusement historique pour la Bourse de Paris :
+ L'indice CAC 40 a connu sa plus forte baisse en une seule séance, à -12,28%, (après l'affaire Lehman, l'indice parisien ne s'était replié que de 9,04%)
+ Toutes les valeurs du CAC 40 ont clôturé à la baisse. Le record en la matière revient à Renault (-22%), suivi par Unibail (-20%), Peugeot (-18%), Bouygues et Engie (-17%)
+ Le secteur financier a été très ébranlé avec notamment la Société Générale (-17%), le Crédit Agricole (-16,5%), Axa (-15,2%) et BNP Paribas (-13%). Il faut dire que la Deutsche Bank a annoncé dans la journée qu'elle ne pouvait rembourser une obligation convertible arrivant à échéance dans un mois.
+ Les sociétés fortement exportatrices et très présentes en Asie ont finalement été les plus résistantes, avec Hermès en tête (-5,8%), L'Oréal (-7,3%), Danone (-8,5%), LVMH (-8,7%) et Pernod-Ricard (-9,8%). Comme si les investisseurs étaient désormais convaincus que la crise du virus née en Chine avait désormais complètement quitté l'Empire du Milieu.
+ Christine Lagarde a pour sa part réalisé une prestation attendue au cours de laquelle elle a notamment annoncé des mesures de refinancement très avantageuses pour les banques ainsi qu'une enveloppe de 120 milliards d'euros supplémentaires dans le cadre de son programme d'achats de titres (QE).
+ L'absence totale de baisse de taux d'intérêt, contrairement à la Fed et la BoE, pourrait passer pour une preuve de sagesse de la part de la nouvelle présidente de la BCE. Mais elle a surtout été interprétée comme un manque de marge de manoeuvre de la banque centrale, dont le taux de dépôt avait déjà été abaissé à -0,5% en septembre 2019.
+ C'est la raison pour laquelle l'euro a perdu 1,5% face au dollar pour se retrouver à une parité de 1,1097 et face au franc suisse.
+ Sur le front des matières premières, il faut noter que l'or n'apparaît même plus comme une valeur refuge, tant sont nombreux les vendeurs, qui doivent répondre à des appels de marge dans le cadre d'opérations boursières complexes.
+ Plus grave encore est la nouvelle chute du Brent (-9%) - à 32,6 dollars le baril, qui témoigne d'absurdes enchères inversées de la part de Moscou et de Riyad pour écouler leurs stocks tellement énormes après deux mois de sous consommation chinoise.
+ Il y a tout de même une justice sur la planète finance, puisque les cryptomonnaies sont les instruments qui ont le plus souffert dans la journée, avec une chute de 25% pour le bitcoin et de 30% pour l'Ethereum.
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