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Fusions, Acquisitions

Fusions, Acquisitions

Le M&A en stand-by

Le chaos sur les marchés encourage les entreprises à temporiser. Les banquiers d’affaires posent leurs stylos.

En perturbant la chaîne logistique mondiale et réduisant les échanges (humains comme de marchandises), la pandémie de coronavirus ne se contente pas de peser sur le chiffre d’affaires et d’entraver le fonctionnement interne des entreprises. Avec l’effondrement des Bourses, aggravé par les bisbilles pétrolières entre la Russie et l’Arabie Saoudite, les sociétés sont poussées à suspendre des décisions stratégiques.

Sur les marchés, les opérations sur le capital sont menacées à moyen terme, à l’image de la privatisation d’ADP. Même si pour l’instant, en France, aucune autre transaction annoncée (Technicolor, Vallourec, Alstom…) n’est officiellement remise en cause : les directions doivent de toute façon préalablement faire approuver les décisions en assemblée générale et escomptent que, d’ici là, les difficultés se seront tassées.

En revanche, il en est bien autre chose pour les fusions-aquisitions. "Tout est gelé pour l’instant chez nos clients, que ce soit les mandats en cours ou les discussions autour de projets. Nous avons posé le stylo, même si cela ne nous empêche pas de continuer à réfléchir", indique à Wansquare un patron de banque d’investissement américaine, qui précise que que ces demandes sont "implicites ou explicites". Un constat corroboré dans une autre banque d’affaires incontournable sur la Place de Paris, ainsi que par un banquier opérant depuis Londres.

Les publications des comptes 2019 ont été l’occasion pour bon nombre d’entreprises de présenter des plans de cessions, pour l’essentiel motivés par un recentrage ou une réorientation de leurs activités vers les relais de croissance. Eurazeo a explicitement indiqué hier à l’occasion de ses résultats que le coronavirus risquait "d’interférer" sur le processus de vente de tout ou partie de sa participation de 30% au capital d’Europcar, lancé en novembre dernier.

Les groupes du CAC40 ou du SBF120 ont également d’ambitieux programmes d’arbitrages de portefeuille pour les années à venir, notamment pour privilégier les activités liées aux transitions environnementale et numérique, et/ou d’opérer un recentrage géographique. Suez prévoit par exemple de vendre entre 3 et 4 milliards d’euros d’actifs en 2020 et 2021, en deux parts égales. Son grand rival Veolia a annoncé 5 milliards d’euros d’investissements et d’acquisitions pour 3 milliards de cessions. Engie, de son côté, envisage de céder pour quatre milliards d’euros d’actifs entre 2020 et 2022. Saint-Gobain prévoyait également une rotation de son portefeuille d’activités.

Dans les services financiers, la cession très attendue de la filiale française de HSBC, sur laquelle se penchent La Banque Postale et la Société Générale, déjà difficile pour des questions de valorisation et de périmètre, risque ainsi de s’éterniser. Contactée, la banque britannique indique que le processus suit son cours. Du côté des entreprises publiques, le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou doit présenter fin avril à son conseil d’administration une revue stratégique.

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