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Bercy fait feu de tout bois pour soutenir les entreprises
Les mesures de soutien à l'économie pour combattre les conséquences de la pandémie ont été détaillées ce matin par Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances. Elles représentent environ 345 milliards d'euros à ce jour, mais elles sont reconductibles "tant que la crise n'est pas finie", a précisé Bruno Le Maire. Elles répondent à plusieurs priorités : permettre aux acteurs économies de conserver la tête hors de l'eau, en applicant le principe "zéro recette, zéro dépense", de résister à la spéculation boursière et de redémarrer le plus rapidement possible après la fin de la crise
CHOMAGE PARTIEL
La mesure de prise en charge par l'Etat du chômage partiel a été étendue à l'ensemble des salariés au-delà du Smic. "Elles répondent à une stratégie de maintien des compétences et des salariés français. L'économie doit être en mesure de redémarrer le plus rapidement possible", explique le ministre. Aux cours des décennies précédentes, les crises conduisaient les entreprises à se séparer de leurs salariés, ce qui ralentissait leur redémarrage, voire conduisait à des pertes de savoir-faire.
Cible : toutes les entreprises qui en font la demande
Durée : mars-avril
Enveloppe : 8,5 milliards d'euros.
PRESERVATION DE TRESORERIE
+ Pour soulager la trésorerie des entreprises, Bercy a décidé d'un report de charges fiscales et sociales pour toutes les entreprises qui en font la demande. Dans les cas les plus difficiles, ces charges pourront être annulées. Un bilan sera fait à la fin de la crise.
Cible : toutes les entreprises qui le demandent
Durée : mars
Enveloppe : 32 milliards d'euros
+ Un fonds de solidarité est créé. Il concerne les entreprises dont l'activité a été interrompue d'autorité (soit 160.000 sociétés dans la restauration, 140.000 commerces non alimentaires, 100.000 dans le tourisme) ou celles qui ont subi une baisse de plus de 70% de leur chiffre d'affaires par rapport à mars 2019. L'Etat versera jusqu'à 1.500 euros d'aide directe, qui sera versée par la Direction générale des Finances publiques.
Cible : sociétés de moins d'un million d'euros de chiffre d'affaires, travailleurs indépendants et auto-entrepreneurs s'il s'agit de leur activité principale. Sur simple demande.
Durée : mars
Enveloppe : 2 milliards d'euros
+ L'Etat a également prévu de garantir tous les prêts bancaires. Cette mesure répond à la fois à la nécessité de maintenir la trésorerie des entreprises et de calmer la réticence des banques à accorder des prêts à des entreprises chancelantes, de peur de voir leur solvabilité et leur accès au marché du crédit se dégrader, explique en substance le ministre.
Durée : non fixée
Enveloppe : 300 milliards d'euros.
LES FILIERES
Bercy s'est engagé à défendre les intérêts des entreprises, menacées notamment par l'effondrement de leur valorisation en Bourse. "La secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher recevra chaque filière dans les jours à venir pour faire le point", a précisé Bruno Lemaire, évoquant les secteurs automobile, du décolletage, de l'aérien, etc. "Pour toutes les grandes entreprises qui sont attaquées sur les marchés, nous utiliserons tous les instruments à notre disposition pour les protéger : recapitalisation, prise de participation à leur capital et on peut même parler de nationalisation si nécessaire", a-t-il prévenu. Il a précisé qu'il avait rencontré Ben Smith, le nouveau patron d'Air France-KLM il y a trois jours. Le groupe franco-néerlandais va clouer au sol entre 70% et 90% de sa flotte et son cours de Bourse s'est effondré de 58% en un mois. Les compagnies aériennes risquent en effet la faillite avec l'immobilisation de leurs appareils. L'Etat néerlandais s'est déjà dit prêt à soutenir KLM, tandis que l'on prête à l'Etat italien la volonté de nationaliser Alitalia.
LA SOLIDARITE INTER-SECTORIELLE
Plusieurs secteurs ont pris des mesures de solidarité, avec l'encouragement de l'Etat.
+ Les banques ont accepté de reporter ainsi de 6 mois les échéances de prêts pour les entreprises. Le ministre a glissé que leur priorité ne devait clairement pas être le versement des dividendes.
+ Le gouvernement a reçu la semaine dernière les assureurs-crédits, acteurs majeurs pour assurer la liquidité des entreprises françaises. "Ils joueront le jeu de la solidarité", affirme le ministre.
+ L'Etat n'a pas vocation à prendre en charge les pertes d'exploitation des entreprises, sachant que ces pertes ne sont en général pas couvertes par les contrats d'assurance dommages. "Il en va de la santé financière de l'Etat", a précisé Bruno Le Maire. Toutefois, Bercy continue de discuter avec les représentants des assureurs pour "voir comment ils peuvent participer au nom de la solidarité au soutien des entreprises".
+ Les factures d'eau et d'électricité sont suspendues pour les entreprises. Bercy négocie actuellement avec GDF concernant le gaz.
+ Concernant les loyers, c'est en cours. Dans la distribution, "le Conseil national des centres commerciaux (CNCC) a déjà accepté le report des loyers pour les centres commerciaux", précise le ministre, qui ajoute que ses services discutent avec d'autres acteurs.
COORDINATION INTERNATIONALE
"Il s'agit de montrer que les économies occidentales, en particulier la zone euro, sont capables de faire bloc", explique Bruno Le Maire. La garantie des prêts bancaires représente, de manière coordonnée à l'échelle de la zone euro, plus de 1.000 milliards d'euros. La France et l'Italie ont annoncé 300 milliards chacun, l'Allemagne 550 milliards.
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