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coronavirus L'automobile doit se préparer au crash-test

CORONAVIRUS. Les agences de notation sont pessimistes pour le secteur en 2020. Moody's dégrade les perspectives du secteur.
voitures - parc automobile
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Après les compagnies aériennes, en première ligne des victimes économiques du coronavirus, c'est au tour du secteur automobile, très sensible aux variations de la demande des ménages, de voir sa solidité financière ébranlée. Les agences de notation en tirent les conséquences.

Moody's a ainsi pris une série de décisions négatives sur les notes de crédit de neuf constructeurs européens. L'agence a dégradé d'un cran la note de crédit de long terme de BMW (de A2 à A1), sans manquer de préciser que cette nouvelle note était encore susceptible d'être dégradée. Elle a également placé sept constructeurs européens sous surveillance négative : Daimler (propriétaire de Mercedes-Benz), PSA, Renault, Volkswagen, Volvo, Jaguar Land Rover (JLR) et McLaren. Un neuvième groupe, Fiat Chrysler Automobiles (FCA), a été placé sous surveillance également mais avec une perspective "incertaine", alors que cette dernière était précédemment "positive".

Comme pour le secteur aérien, Moody's souligne le contexte très négatif dans lequel évolue l'industrie automobile : diffusion du coronavirus qui a provoqué l'arrêt quasi-total de la production, détérioration des perspectives économiques, chute des prix du pétrole et baisse du prix des actifs.

A ceci s'ajoutent des éléments plus particuliers au secteur, comme les nouvelles normes d'émission de CO2 et l'impérieuse nécessité pour les constructeurs d'électrifier leurs gammes de véhicules tout en restant rentables et attrayants pour le consommateur, ou encore les presque aussi lourds investissements dans la conduite autonome et le véhicule connecté. Ces éléments pèsent sur la rentabilité et la génération de trésorerie des constructeurs.

Un marché automobile en forte baisse en 2020

Ceux-ci ne pourront guère s'appuyer sur une demande dynamique. La chute est déjà sensible dans certaines régions du monde, en particulier la Chine depuis deux ans. Le marché européen a probablement atteint un pic en 2019 et entre dans une grande période d'incertitude avec l'application des objectifs européens d'émissions de CO2 à partir de 2020, qui nécessite une adaptation des gammes sans savoir si la clientèle répondra présent. La pandémie aggrave évidemment les choses. "Moody's considère que la demande de véhicules neufs se contractera de manière significative au cours des prochains mois, en particulier sur les marchés d'Amérique de Nord et de la zone Europe, Moyen-Orient, Afrique. […] L'estimation actuelle est que la demande mondiale va se réduire d'environ 14% en  2020 et pourrait baisser autour de 30% au deuxième trimestre", à mesure que la pandémie s'étend aux Etats-Unis.

Lundi, S&P, autre grande agence de notation, a également dressé un portrait inquiétant de l'année 2020 pour le secteur.

Elle a réduit une nouvelle fois sa prévision de ventes de véhicules particuliers dans le monde. Elle anticipe désormais un déclin de 15% en 2020, à 78 millions d'unités, alors qu'elle prévoyait, lors de sa précédente anticipation le 5 mars, une baisse légèrement supérieure à 3%. S&P considère en conséquence que "la solvabilité des constructeurs et des équipementiers subira une pression intense, qui mettra à l'épreuve leur capacité à préserver leur liquidité dans la tempête et la marge de manoeuvre de leurs paramètres de crédit". L'agence prévoit toutefois un rebond significatif en 2021, mais qui ne rattrapera pas tout le terrain perdu cette année.

Pour revenir aux cas particuliers, Moody's a dégradé BMW parce qu'en plus de souffrir du contexte général, il affichait des finances trop fragiles fin 2019 pour rester dans la catégorie des entreprises notées A1 : une marge d'Ebita (résultat d'exploitation hors amortissement du goodwill) ajustée de 5,8% et un flux de trésorerie disponible ajusté de 600 millions d'euros. Le constructeur bavarois a été frappé de plein fouet par la chute du marché automobile chinois ces dernières années.

FCA (noté Ba1, soit la première catégorie "spéculative") n'a pas subi un sort aussi négatif que ses homologues de la part de Moody's, dans la mesure où son projet de fusion avec PSA (noté Baa3, soit un cran au-dessus de FCA et la dernière catégorie "investissement") créera, selon l'agence, un groupe plus diversifié.

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