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Iliad récidive en soutien de ses sous-traitants
Iliad avance d'un cran dans le soutien à sa chaîne de sous-traitants. L'opérateur de télécommunications français, maison-mère de Free, a annoncé aujourd'hui le lancement d'un fonds de quasi-fonds propres destiné aux TPE et PME les plus vulnérables à la pandémie de coronavirus et ses conséquences économiques. Baptisée Solid-19, la structure est dotée d'une première tranche de 10 millions d'euros "immédiatement mise à disposition".
Solid-19, filiale à 100% d'Iliad, accordera des financements d'une durée de 5 à 7 ans sous forme d'obligations subordonnées, dont la conversion en actions sera décidée par l'emprunteur. Cette conversion implique qu'à l'échéance, Iliad pourrait se retrouver actionnaire de certains de ses sous-traitants. "C'est effectivement une possibilité, entièrement à la main de l'emprunteur. Et rappelons que les échéances sont longues", souligne Nicolas Jaeger, directeur financier du groupe, à Wansquare.
Autre caractéristique, les intérêts seront remboursables au fil de l'eau, ou capitalisables sous forme PiK (payment in kind). Tous les paramètres, notamment les taux qui seront pratiqués, ne sont pas encore arrêtés. Mais, assure le dirigeant, "l'idée est que le coût soit avantageux pour l'emprunteur".
"Ces financements vont permettre aux TPE/PME concernées de renforcer leurs fonds propres et leur trésorerie, mais aussi d'avoir recours, le cas échéant, à de l'endettement auprès des banques", explique Iliad dans son communiqué. "Comme il s'agit de quasi-fonds propres, les bénéficiaires pourront s'en prévaloir auprès des établissements de crédit pour accéder plus aisément à un prêt ; le financement sera de fait subordonné aux emprunts bancaires, ce qui est également rassurant pour l'établissement", précise Nicolas Jaeger.
C'est la deuxième initiative pour Iliad
Solid-19 portera les financements, 100% d'origine Iliad, qui seront octroyés après analyse des dossiers par un comité d'investissement. Le groupe a établi des notions de seuils, mais de manière souple. "L'objectif est de couvrir un maximum de demandes, tout en étant certain de pouvoir les traiter. Nous sommes partis sur l'idée d'une limite basse de quelques centaines de milliers d'euros, pour un ticket maximum envisagé de 1, voire 1,5 million d'euros. Mais nous les adapterons à la typologie des demandes", détaille Nicolas Jaeger.
Le Solid-19 est la deuxième initiative lancée par Iliad en direction de ses fournisseurs. Le 20 mars, l'opérateur avait annoncé qu'il réglerait leurs factures dans attendre le délai légal de 45 jours fin de mois. "90 millions d'euros ont déjà été débloqués à destination de 700 entreprises, dépassant les 50 millions d'euros qui avaient été anticipés" initialement, précise-t-il. Nicolas Jaeger précise que plus de 5.000 factures ont été traitées.
La protection de la chaîne d'approvisionnement est un sujet de préoccupation majeur pour les donneurs d'ordres et les équipementiers de premier rang : les mesures de confinement à l'échelle mondiale et l'effondrement de la consommation consécutif gèlent une bonne partie de l'activité économique et fragilisent la trésorerie des entreprises, qui doivent assumer des charges fixes inchangées alors que les retards de paiement se multiplient. C'est pourquoi les premières mesures gouvernementales, en particulier en France, ont surtout concerné ce qui pouvait préserver les liquidités : report de charges, prise en charge du chômage technique, fonds de solidarité, garantie d'Etat pour les prêts nouveaux…
Certaines grands donneurs d'ordres, qui préfèrent se constituer des matelas de liquidités face à la crise, ont même été rappelés à l'ordre il y deux semaines par le ministère de l'Economie et des Finances, qui tirait la sonnette d'alarme sur les délais de paiement. Le crédit interentreprises représente 700 milliards d'euros, soit presque autant que les encours bancaires aux sociétés (900 milliards).
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