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Europcar, premier gros dossier pour l'Etat et les banques

Le loueur de véhicules, en grande difficulté depuis la pandémie, doit restructurer sa dette.
Europcar
Europcar

A l'instar du transport aérien et du tourisme, la location de véhicules a été frappée de plein fouet par les mesures de confinement à travers le monde. Au fur et à mesure que les pays mettaient en place ces mesures, le nombre de réservations s'est effondré. Europcar Mobility Group s'est donc retrouvé très vite dans la tourmente. Mais il pourrait s'orienter vers une sortie de crise. Le loueur et son actionnaire majoritaire Eurazeo (29,9% du capital) négocient une restructuration de dette avec les banque et, selon Le Monde hier, serait proche d'un accord sous l'égide du Comité interministériel de restructuration industriel (Ciri).

Un consortium bancaire serait prêt à accorder une ligne de 223 millions d'euros, garantie à 90% par Bpifrance, conformément au programme de Prêts de garantie d'Etat (PGE) lancé par le gouvernement le mois dernier. Dans le dernier rapport annuel pour l'année 2018, les créanciers bancaires du groupe sont le Crédit Agricole, Deutsche Bank, BNP Paribas, Natwest, Lloyds Banking Group, HSBC, le Crédit Mutuel CIC, la Société Générale, Natixis et Bank of America. Si l'accord des banques était obtenu, alors Eurazeo accepterait de prendre part à la restructuration financière. Le processus de cession de tout ou partie de la participation de la société d'investissement dans Europcar, lancé en novembre, semble du coup dans les limbes.

L'impérieuse nécessité pour Europcar de restructurer sa dette n'est pas une surprise. Dès le 23 mars, le groupe indiquait dans un communiqué avoir sollicité les aides d'Etat et de l'Union européenne et être en discussion avec ses bailleurs de fonds "pour lever des lignes de crédit additionnelles, garanties pour certaines d'entre elles par l'Etat français". Il gelait tout investissement et ses achats.

La dette représente plusieurs fois la capitalisation d'Europcar

La situation continuant à se dégrader, vendredi dernier, l'agence S&P a, dans une décision rare, dégradé de trois crans la note d'émetteur d'Europcar (de BB- à B-) et celle de ses obligations senior 2024 et 2026 (de B à CCC) - l'ensemble des notes étant placées sous surveillance négative en raison de la faible situation de trésorerie du groupe. "La dégradation a été "pricée" par le marché obligataire au cours de la première quinzaine de mars. En effet, les souches obligataires Europcar 2024 et 2026 ont vu leurs cours chuter de 90% du nominal à environ 50%. Jusqu'à lundi, leurs prix stagnaient autour de 45% du nominal, ces niveaux traduisent donc déjà des craintes sérieuses de restructuration de la dette", indiquait Alain Lopez, analyste crédit chez Octo Finances, interrogé par Wansquare lundi.

Face à un cours de Bourse en chute de 65% depuis le début de l'année à environ 250 millions d'euros (avant la nouvelle de la restructuration qui a fait bondir le titre de 13% hier), la dette nette "corporate" (qui exclut celle qui est liée à la flotte automobile) représentait 880 millions d'euros au 31 décembre 2019, près de 4 fois la capitalisation boursière d'Europcar !

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