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CGG est mieux armé pour affronter la crise
Dans le point sur l'activité et les résultats préliminaires du premier trimestre annoncé hier par CGG, le plus important n'était pas l'abandon de ses prévisions financières pour les exercices 2020 et 2021 : dans le contexte actuel à la fois de crise sanitaire et de crise pétrolière, cette annonce était largement attendue, sachant que les objectifs financiers 2020 (communiqués le 6 mars) reposaient sur un prix du baril de Brent situé entre 55 et 65 dollars et que les ambitions pour 2021, communiquées à l'occasion de la journée investisseurs organisée en novembre 2018, étaient fondées sur un baril de 60 à 70 dollars. Ces dernières semaines, le Brent a évolué entre 25 et 35 dollars…
Ce qui a probablement davantage rassuré les investisseurs, ce sont les indicateurs financiers publiés par le groupe de services parapétroliers : il a dégagé un flux de trésorerie net positif (de 25 millions de dollars), il devrait disposer d'une trésorerie disponible de 622 millions de dollars, pour une dette nette de 583 millions, tandis que le carnet de commandes de l'activité Géoscience (34% du chiffre d'affaires) a progressé de 7% par rapport au premier trimestre 2019 et atteint 278 millions de dollars. À noter que si le groupe a maintenu une génération de cash positive de 25 millions alors que la dette nette a reculé par rapport aux 716 millions du 31 décembre 2019 (après IFRS 16), c'est en raison d'un double effet de change sur la partie de la dette en euros et la partie des liquidités en RMB, précise CGG à Wansquare.
Bien entendu, le premier trimestre ne prend en compte que partiellement les effets de la crise économique et de l'effondrement des prix de l'or noir (essentiellement en mars) et le deuxième trimestre rendra plus parfaitement compte des dégâts subis (les sites de fabrication français et américains sont fermés depuis le 19 mars). Pour les trimestres suivants, le courtier Portzamparc identifie notamment les risques de pression sur les prix et d'internalisation du traitement des données dans l'activité Géosciences, les difficultés de livraison dans la branche Equipements et le décalage dans les signatures des ventes dans le pôle Multi-clients - le tout sans parler des retards sur les projets. En outre, nous ne connaissons pas encore le détail des baisses de prix demandées par les clients ni des reports ou annulations de projets.
Un refinancement serait utile mais pas vital
Au premier trimestre, la pandémie a quand même provoqué une baisse de 25% des revenus de l'activité Equipement (à 76 millions de dollars) en raison de la fermeture de l'usine Sercel en Chine pendant deux semaines en janvier, cause de la baisse de 3% du chiffre d'affaires du groupe (à 273 millions). Les autres divisions sont en progression (+2% pour Géosciences et +17% pour Multi-clients).
Mais outre la volonté de communiquer bien en amont (la publication officielle des résultats trimestriels est prévue le 12 mai), ce que peu d'entreprises ont fait pour l'instant, "CGG montre qu'il n'affiche plus du tout le même profil qu'il y a 4 ans : il est plus résistant, moins cyclique, plus liquide et qu'il a su générer du cash au premier trimestre malgré le contexte. CGG n'est pas exposé à un risque majeur sur son bilan", constate un analyste. Après sa restructuration financière de 2017, la société a opté l'année suivante pour un modèle "asset light" moins capitalistique et à contenu technologique plus important.
Le sujet le plus immédiat est le coût de sa dette, qui date de sa restructuration : 615 millions de dollars à 8,4% et 521 millions à Libor/Euribor +4% cash, +8,5% PiK (payment-in-kind). C'est pourquoi CGG avait projeté son refinancement au cours du deuxième trimestre. Vu le contexte, le projet est aux oubliettes. Mais du coup, pour Nicolas Royot, analyste chez Portzamparc, "il s'agit plutôt d'une opportunité manquée que d'un problème concret. CGG n'est pas en manque de cash : la prochaine maturité significative de la dette est en mai 2023 (615 millions), puis en février 2024 (521 millions)".
Le fait de ne pas disposer de lignes de crédit auprès de banques (contrairement à de nombreuses entreprises, qui en ont fait largement usage depuis le début de la crise) ne perturbe pas CGG, qui ne prévoit pas de recourir au Prêt garanti par l'Etat (PGE). "Le PGE est prévu pour des sociétés en grande difficulté financières. Ce n’est pas ce que nous anticipons pour le nouveau CGG, qui n'a pas conservé ses activités historiques fortement gourmandes en capitaux employés et qui ont consommé beaucoup de cash en creux de cycles", explique la société, interrogée par Wansquare.
L'action CGG a terminé en hausse de plus de 7% hier à la Bourse de Paris, à 1,15 euro. Elle a néanmoins perdu plus de 62% ces trois derniers mois.
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