WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions

Entreprises / Actions

PSA défend sa marge

Malgré un chiffre d'affaires en baisse de plus de 15% et des ventes en chute de 29% au premier trimestre, le constructeur automobile maintient son objectif de marge à moyen terme.
Philippe de Rovira
Philippe de Rovira

Comme l'ensemble du secteur, PSA n'est pas immunisé face à l'effondrement du marché automobile consécutif à la pandémie de coronavirus et aux mesures de confinement. Mais il compte jouer sur son atout : le président du directoire Carlos Tavares, dont la capacité à maîtriser les coûts et à piloter la gestion financière est devenue proverbiale comme en témoigne le sauvetage de l'entreprise en 2014 et le redressement d'Opel, acquis auprès de General Motors après 20 années de pertes consécutives.

Le chiffre d'affaires de PSA a chuté de 15,7% au premier trimestre 2020, à 11,9 milliards d'euros pour la division automobile (qui exclut sa filiale équipementière Faurecia et sa captive financière PSA Banque). L'amélioration de 5,3% des composantes produit et prix, grâce au succès de ses nouveaux SUV, n'a pas suffi à compenser une chute de 24,6% des volumes et du mix pays. L'ensemble du groupe affiche un chiffre d'affaires de 15,2 milliards d'euros, en baisse de 15,6%. Toutefois, le groupe a maintenu son objectif de rentabilité à moyen terme. Il prévoit d'atteindre, pour la division automobile, une marge opérationnelle courante de 4,5% en moyenne entre 2019 et 2021. Un objectif qui peut paraître atteignable, sachant que la marge a atteint 8,5% en 2019.

Le défi sera toutefois important, car 2020 promet d'être commercialement très difficile. PSA accuse déjà une baisse de 29% de ses ventes au premier trimestre sur un an (à 627.024 unités), alors même que sa très faible présence en Chine (contrairement à ses concurrents allemands et asiatiques notamment) l'a préservé de la fermeture du marché local en février et mars - ses ventes ont chuté de 78% dans la zone Asie-Pacifique, mais elles ne représentaient que 36.000 unités au premier trimestre 2019. Au deuxième trimestre, le constructeur français subira de plein fouet l'effondrement des immatriculations sur le Vieux continent suite aux mesures de confinement, qui ont été prises à partir de la mi-mars pour s'étendre sur l'ensemble du mois d'avril et se poursuivront au moins sur une partie du mois de mai. Or, l'Europe représentait 90% de ses ventes au premier trimestre.

PSA a d'ailleurs radicalement revu ses prévisions de marché dans le monde pour 2020. Il anticipe une chute de la demande de 25% en Europe et en Amérique latine, alors qu'il anticipait précédemment une baisse de 3% et une stabilité. Il prévoit également -20% en Russie (au lieu de -2%) et -10% en Chine.

"Le groupe se prépare pleinement à la préparation de son rebond en ayant renforcé sa liquidité et réduit massivement ses coûts dans un contexte économique chaotique", a déclaré le directeur financier Philippe de Rovira dans le communiqué du groupe. Le recours aux salariés intérimaires a été réduit de 90% entre fin février et fin mars (à 700), tandis que le groupe a utilisé les mécanismes de report de charges et d'impôts partout où ils ont été mis en place. "Les versements de taxes ont été réduits de 78% en mars et avril", précise le responsable lors de la conférence analystes.

Il a précisé que les liquidités du groupe (Faurecia compris) représentaient 19,4 milliards d'euros au 31 mars, ce à quoi il faut ajouter les 3 milliards de crédit syndiqués émis début avril pour la division automobile et le club deal de 800 millions d'euros émis par Faurecia la semaine dernière. "Notre situation est donc légèrement meilleure à ce qu'elle était au 31 décembre 2019", commente ainsi Philippe de Rovira. "Les perspectives sont aujourd'hui difficiles à évaluer et dépendront de l'ampleur, de la durée et de l'étendue géographique de la crise du Covid-19, comme des mesures prises par les pays concernés", concède toutefois le groupe dans son communiqué.

Philippe de Rovira a précisé qu'"au cours des mois passés, le groupe s'est concentré sur la gestion de la crise. Pour les semaines suivantes, il se concentre sur le redémarrage de la production" en négociant des accords avec les partenaires sociaux. Le dirigeant répondait à une question relative à la politique de distribution de dividende et à l'avenir du projet de fusion avec Fiat Chrysler Automobiles, qui comprend des versements de dividendes antérieurs à la réalisation du rapprochement. PSA, dont l'État français est actionnaire à hauteur de 12%, a repoussé son assemblée générale au 25 juin et se laisse donc le temps de statuer sur la distribution d'un dividende au titre de 2019. PSA n'a pas pour l'instant fait appel au Prêt garanti par l'État (PGE), qui est lui conditionné au non-versement de dividende. Si "la question reste ouverte", PSA "souhaite rester le plus libre possible vis-à-vis des pouvoirs publics", a déclaré Philippe de Rovira. Mais là n'est pas le seul enjeu : "toute modification dans le versement de dividende devra être acceptée par les deux entreprises", précise le directeur financier.

Le titre PSA était stable vers 12 h 30, à 11,60 euros.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article