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Schneider boucle ses emplettes malgré la crise
Fort d'un bon millésime 2019 et sa résistance au premier trimestre 2020 malgré le contexte de crise économique d'une rare violence, Schneider Electric continue sa marche en avant. Le fabricant français de matériel électrique vient d'annoncer le succès de son offre publique d'achat (OPA) amicale sur le fournisseur allemand de logiciels de construction RIB Software.
Il précise dans son communiqué que 66,6% du capital et des droits de vote ont été apportés au terme de la période initiale d'acceptation et 9,9% acquis en dehors de l'offre - le seuil minimal était fixé à 50% plus une action. "Une période supplémentaire d'acceptation de deux semaines commence aujourd'hui et prendra fin à minuit le 11 mai 2020" pour permettre aux actionnaires résiduels d'apporter leurs titres, conformément au droit boursier allemand. Au terme de cette période, Schneider entend retirer RIB Sotfware de la cote.
Mi-février, alors que le coronavirus n'avait pas encore acquis son statut de pandémie mais commençait à se répandre à travers le monde, Schneider avait annoncé son intention d'acquérir RIB Software, avec une offre valorisant ce dernier à 1,4 milliard d'euros. Le groupe français a mis les moyens pour réussir l'opération : le prix de 29 euros par action représentait une prime de 41% par rapport au cours de clôture précédent, le 12 février.
Depuis plusieurs années, le groupe français fait du numérique et des activités de logiciels et de services ses relais de croissance. Elles génèrent des revenus récurrents, aux marges supérieures et elles sont évidemment moins gourmandes en capital. Les logiciels et services ont pesé un quart du chiffre d'affaires en 2019. Ce sont d'ailleurs elles qui lui ont permis de limiter la casse au premier trimestre 2020 à l'intérieur de ses deux pôles Gestion de l'énergie et Automatismes industriels : leurs revenus ont progressé de 3,4%. Elles sont donc encore destinées à augmenter : RIB Software a affiché 214 millions d'euros de chiffre d'affaires affichés en 2019, en augmentation de… 57% par rapport à 2018. Grâce à cette acquisition, Schneider espère devenir une référence dans les solutions pour les bâtiments intelligents, notamment la surveillance et la gestion de leurs émissions. Les activités de RIB concernent la numérisation du cycle de vie des bâtiments, qui représentent 40% des émissions mondiales de CO2.
Fort de sa structure financière, Schneider avait également annoncé à l'occasion qu'il ne dérogerait pas à ses arbitrages dans son portefeuille d'activités, poursuivant donc les cessions et les acquisitions. Il citait ainsi RIB Software, mais également ProLeiT, ainsi que la branche Electricité et automation de L&T. "Les liquidités du groupe sont suffisantes pour lui permettre de mener à bien ses activités et rembourser ses dettes, tout en versant le dividende et en finançant les acquisitions déjà annoncées", expliquait-il alors sans ambages.
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