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coronavirus Airbus voit une embellie en fin d'année

CORONAVIRUS. Le groupe, qui n'a pas détaillé de mesures d'adaptation radicales, estime qu'il pourrait arrêter l'hémorragie de cash au quatrième trimestre.
Siège opérationnel et atelier d’assemblage Airbus - Blagnac
Siège opérationnel et atelier d’assemblage Airbus - Blagnac

Après l'appel de Guillaume Faury, le président exécutif d'Airbus, à la prise de mesures radicales pour contrer les effets de la crise actuelle, la publication des résultats du premier trimestre du groupe aéronautique et spatial ce matin était particulièrement attendue.

Alors que le patron estime, dans son courrier envoyé vendredi aux 135.000 employés, que la "survie" d'Airbus est en jeu, peu d'indications sur ce plan ont été apportées. "Nous faisons un usage étendu des mécanismes de chômage partiel dans tous les pays où ils existent pour nous adapter à la baisse d'activité", a indiqué le directeur financier Dominik Asam, au cours d'une conférence téléphonique avec les analystes. Concrètement, la filiale britannique (le communiqué n'était pas sur le site internet du groupe) a annoncé hier un plan affectant 3.200 salariés au Royaume-Uni, qui vient s'ajouter à celui déjà en place en France et qui concerne 3.000 employés jusqu'au 17 mai - et qui devrait être prolongé par de nouvelles mesures. Des plans de chômage partiel sont également en cours de finalisation en Allemagne et en Espagne. En revanche, aucune information sur d'éventuelles suppressions de postes. Le groupe et le motoriste Rolls-Royce ont également annoncé hier avoir mis un terme à leur partenariat dans le développement du démonstrateur de moteur hybride-électrique E-Fan X, qui devait s'achever cette année.

Airbus a précisé à Wansquare ce matin qu'aucun Prêt garanti par l'Etat (PGE) n'était en cours de négociation. L'on sait les réticences du groupe, qui compte déjà les Etats français, allemand et espagnol à son capital et dépend en partie de la commande publique, à se placer davantage sous tutelle. Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a néanmoins déclaré ce matin que la France était prête à aider "totalement et s'il le faut massivement Airbus le moment venu" face à la crise du transport aérien. Des propos qui ont peut-être rassuré les investisseurs (le titre progressait de près de 5% vers 13h00 à la Bourse de Paris) et qui montrent qu'une solution est toujours possible en cas d'extrême urgence. Le ministre a également rappelé qu'exiger d'Air France qu'il continue à acquérir des appareils Airbus (en contrepartie de son plan de secours de 7 milliards d'euros annoncé vendredi dernier) était une manière de soutenir l'avionneur.

Collaboration avec les fournisseurs

La survie d'Airbus pendant la crise et ses capacités de rebond passent aussi par le maintien en vie de sa chaîne d'approvisionnement. "Les risques les plus immédiats concernent les fournisseurs qui étaient déjà en situation de faiblesse avant la crise. Les équipementiers vont subir une forte baisse de leurs flux de trésorerie au deuxième trimestre. Nous avons besoin de deux à trois mois pour nous organiser et nous travaillons avec les associations professionnelles en ce sens. Les fournisseurs qui sont déjà affectés par le maintien au sol du Boeing 737 Max figurent en haut de notre radar, en plus de quelques autres. Ils éprouveront également des difficultés lorsque les cadences de production reprendront", a précisé Guillaume Faury.

Concernant les perspectives de reprise, les dirigeants sont restés prudents, alors que 60 appareils n'ont pas pu être livrés au premier trimestre. "Concernant les livraisons, le deuxième trimestre sera très faible. Au cours du troisième trimestre, les clients pourraient recommencer à pouvoir prendre livraison des appareils. La reprise pourrait être très forte, en particulier dans les monocouloirs, mais quoiqu'il en soit nous adaptons de manière agressive nos sorties de trésorerie pour qu'elles correspondent à des entrées réelles", détaille Guillaume Faury, qui a ajouté que "les coûts de toute nature font désormais l'objet d'une inspection". Airbus va réduire ses dépenses d'investissement de 700 millions d'euros en 2020 pour les ramener à 1,9 milliard, tout en maintenant celles pour son programme à succès de monocouloir longue distance A321 XLR.

Au premier trimestre, le groupe est parvenu à limiter la dégradation de son free cash flow par rapport à la fin de l'année dernière, en dehors de l'amende de 3,6 milliards d'euros payée à plusieurs autorités réglementaires sur une affaire de corruption datant de plusieurs années. Avant acquisitions et financement des clients, le flux de trésorerie disponible était négatif de 4,4 milliards d'euros, contre -4,3 milliards au premier trimestre 2019. Le groupe dépasse le consensus des analystes, qui était établi à -8,27 milliards, amende comprise. Dominik Asam s'attend à une amélioration de la situation au troisième trimestre, avant de "revenir à une situation neutre dans laquelle nous ne consommerions plus de cash" au quatrième trimestre. Dans le secteur, les constructeurs affichent traditionnellement des cash flows négatifs au cours des trois premiers trimestres avant d'encaisser l'essentiel des versements des clients au dernier, qui compense alors les sorties précédentes. Pour rappel, le groupe (noté A+ par S&P) a obtenu une ligne de liquidité de 15 milliards d'euros auprès de banques ainsi qu'une facilité de crédit de 3 milliards d'euros fin mars.

 "Il n'y a pas grand chose de nouveau à tirer de la publication du premier trimestre qui aurait clarifié les perspectives de l'entreprise, ou apporté les éléments nécessaires qui auraient permis de savoir si Airbus se dirigeait vers un ajustement massif à la baisse ou s'il allait se sortir de cette récession aéronautique", estiment les analystes de Barclays.

Sans surprise, alors que certaines compagnies ont réduit voire annulé les paiements de pré-livraison, le chiffre d'affaires d'Airbus a chuté de 15%, à 10,6 milliards d'euros, tandis que son résultat opérationnel ajusté s'est effondré de moitié, pour tomber à 281 millions. Il affiche une perte nette de 481 millions d'euros (contre un bénéfice de 40 millions un an plus tôt), pour un bénéfice net ajusté de 177 millions d'euros, en baisse de plus de 50%.

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