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coronavirus La SNCF, boulet financier de l'Etat pour cette année encore

CORONAVIRUS. Les dirigeants de la compagnie ferroviaire ont appelé à un "plan d'aides" public alors que les conséquences du confinement promettent d'être extrêmement lourdes. Une baisse des embauches n'est pas exclue. L'Etat semble bien disposé.
Grève - SNCF
Grève - SNCF

La liste des prétendants à un soutien public massif s'allonge. Après Air France-KLM et Renault, c'est au tour de la SNCF, qui enchaîne les déconvenues et appelle encore l'Etat, son actionnaire, à l'aide. Entre les grèves et la crise sanitaire actuelle, la compagnie ferroviaire a accusé un manque à gagner de trois milliards d'euros et pourrait procéder à des suppressions de postes.

Avec un trafic quasiment à l'arrêt, ce sont deux milliards d'euros qui ne sont pas rentrés dans les caisses de la SNCF depuis le 17 mars, tandis que le mouvement social contre la réforme des retraites avait déjà amputé ses revenus d'un milliard en décembre 2019 et janvier 2020. Une accumulation dont son PDG, Jean-Pierre Farandou, se serait bien passé : malgré des revenus de 35,1 milliards d'euros, le groupe affichait déjà une perte nette récurrente de 300 millions d'euros en 2019, ainsi qu'une dette de 35 milliards d'euros en fin d'année.

Face à cette situation, le dirigeant a fait un appel du pied à la puissance publique, laquelle n'a pas exclu une intervention. "La notion d'un plan d'aides à la SNCF ne me paraît pas déraisonnable", a-t-il indiqué sur France Inter samedi. L'entreprise va s'attacher à faire "rouler le maximum de trains" de la vie quotidienne (TER, Transiliens), a indiqué M. Farandou : 50 à 60% dès le 11 mai, "75% à la fin du mois de mai et on espère être à 100% tout début juin". En revanche, puisque les déplacements seront limités à 100 km de son domicile, peu de TGV circuleront, avec une place sur deux occupée. Le manque à gagner restera donc important dans les mois qui viennent.

Sans être très précis, l'Etat a répondu favorablement à la préoccupation du groupe, enchaînant les déclarations hier et ce matin. "On a dit qu'on soutiendrait nos entreprises, nos emplois et par ailleurs nos grandes entreprises stratégiques: on ne souhaite pas qu'ils soient en difficulté", a déclaré la ministre française des Transports et de la Transition écologique, Elisabeth Borne, sur LCI. L'Etat va "trouver les solutions pour que la SNCF, qui fait partie de notre patrimoine national, qui est indispensable à beaucoup de Français, qui a un rôle très important pour permettre les déplacements avec peu de CO2, puisse continuer à rendre le meilleur service aux Français, puisse poursuivre ses investissements", a-t-elle ajouté. Le montant de l'aide n'a pas encore été fixé, a admis hier Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publics, sur BFMTV. Pas plus que la forme, ni le calendrier. Le gouvernement ne souhaite pas se précipiter tant qu'il n'aura pas une vision précise du coût du coronavirus pour la SNCF. Gérald Darmanin a rappelé que l'Etat fournissait déjà des efforts, puisque "plus de 100.000 agents de la SNCF sont en chômage partiel payé par l'Etat".

En attendant, certaines mesures ont déjà été, ou sont sur le point d'être prises en interne. "Nous allons réduire les investissements […], serrer les coûts de fonctionnement, jouer sur le fonds de roulement, sur la titrisation de certaines créances", tandis que l'emploi "n'est pas un sujet tabou", a précisé Jean-Pierre Farandou. "Si la reprise est lente et si nous produisons moins de trains que par le passé, il ne sera pas anormal ou illogique d'ajuster le niveau d'emploi au volume d'activité", a-t-il justifié, précisant que le sujet serait examiné "le moment venu en toute transparence avec les organisations syndicales". Selon un porte-parole de l'entreprise, les éventuelles suppressions de postes se traduiraient "essentiellement sur le niveau d'embauches".

Une position évidemment rejetée par les syndicats ; la CFDT par exemple considère que réduire le niveau d'emploi serait une "erreur impardonnable" consistant à faire "payer la facture aux cheminots". "C'est l'Etat qui force la SNCF à faire rouler les trains en dessous de leur seuil de rentabilité", a rappelé Eric Meyer, secrétaire fédéral de Sud Rail, sur RTL.

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