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Nexans rassure en puisant dans la garantie d'État
Un nouveau grand nom du SBF 120 a sollicité la garantie publique : Nexans. Le fabricant français de câbles a annoncé jeudi qu'il négociait un Prêt garanti par l'État (PGE) d'un montant de 280 millions d'euros pour faire face à la crise sanitaire. La nouvelle a comblé les investisseurs : l'action Nexans a terminé la séance en hausse de près de 11 % (à 36 euros).
Au 31 mars, le groupe affichait 1,03 milliard d'euros de liquidités, dont une ligne de crédit renouvelable de 600 millions d'euros et 432 millions de trésorerie et assimilé. Mais il a dû tirer 200 millions d'euros sur sa ligne début avril pour rembourser des billets de trésorerie arrivant à échéance. Un test de résistance appliqué à sa liquidité a fait ressortir, en cas de scénario pessimiste, une limite à 930 millions d'euros. Le recours à l'emprunt était donc prudent. Étant donné le coût d'un PGE (sans marge pour les banques), le calcul était vite fait. In fine, Nexans compte afficher 1,275 milliard d'euros de liquidités une fois obtenus le PGE et une facilité de crédit centrale de 65 millions d'euros. Il s'agit donc d'un PGE de sécurité plus qu'un PGE de nécessité.
Le câbleur précise par ailleurs qu'il dispose d'une marge de manœuvre "importante" dans ses covenants (clauses de contrat de crédit) relative au ratio de levier (dette nette/Ebitda) et au ratio d'endettement (dette nette/fonds propres). "Nexans dispose de liquidités suffisantes pour ses activités et ses engagements financiers prévus, sans remboursement de dette avant 2021", conclut la société. Elle a également suspendu son dividende et réduit la rémunération des responsables (-30 % pour les rémunérations fixes des administrateurs et du directeur général Christopher Guérin, -15 % pour les membres du comité exécutif).
En outre, pour s'adapter à la crise, Christopher Guérin indique avoir accéléré son programme de réduction des coûts indirects, mis en place il y a 18 mois. "Des objectifs de réduction des coûts ont été fixés pour toutes les unités opérationnelles, en dépit des effets collatéraux positifs de la crise sur la réduction des coûts, tels que la réduction des frais de déplacement, de conseil et la réduction des contrats à durée déterminée", précise le groupe.
Nexans a également renforcé son programme de transformation "Shift", axé notamment sur la génération de trésorerie et de résultat. "Toutes nos équipes adaptent les activités, se concentrent sur les générateurs de profit et gèrent la demande de "cash tanks" en conséquence. Pour préserver les liquidités, les investissements dans toutes les entités "value burners" ont été suspendus et les investissements non stratégiques dans d'autres entités sont réduits au minimum. Les routines des dirigeants de Nexans sur le cycle de conversion de trésorerie par unités ont été augmentées avec de nouveaux objectifs, renforçant ainsi le contrôle de notre trésorerie", détaille l'entreprise.
On ne sait pas dans quelle mesure exactement Nexans a été affectée par la crise, puisqu'il n'a communiqué que son chiffre d'affaires jeudi dernier. Il n'en reste pas moins qu'en termes de revenus, le groupe s'est clairement montré résistant : il n'a reculé que de 3 % à cours des métaux courants, à 1,61 milliard d'euros. En données constantes, les revenus sont stables à 1,59 milliard, soutenus par le pôle haute tension (sous-marine et terrestre, +56 % à 193 millions d'euros) et la résistance des activités de distribution d'énergie et ferroviaires. La division la plus importante, Bâtiment et territoire, accuse un recul de 5,5 %, à 645 millions.
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