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Entreprises / Actions

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L'Etat au chevet du tourisme

Le plan dévoilé hier est adapté aux particularités de ce secteur, essentiellement composé de milliers de PME et TPE.
Vacances - gare - consommation - voyage
Vacances - gare - consommation - voyage

On le sait, le tourisme a été la première victime du confinement, avec son corollaire du transport aérien. En France, ce secteur n'est pas qu'un motif de soft power et de fierté patrimoniale : en incluant l'hôtellerie-restauration, il représente surtout 8% du PIB du pays et deux millions d'emplois directs et indirects. Mais composé de quelques grandes entreprises et surtout d'une myriade de sociétés allant de l'entreprise de taille intermédiaire (ETI, entre la PME et la grande entreprise) au travailleur indépendant, il nécessitait un plan de soutien à spectre large.

Selon les chiffres communiqués hier par Bercy, un total de 6,5 milliards d'euros de PGE ont été accordés à 65.000 entreprises du secteur depuis le 16 mars. Ce à quoi s'ajoutent les prêts accordés directement par Bpifrance - que ce soient les dispositifs Rebond, Atout ou, depuis 10 jours, des Prêts garantis par l'Etat (PGE) - qui totalisent un montant de 350 millions d'euros pour ce seul secteur (sur un total de 3,5 milliards tous secteurs confondus). Mais cela ne suffit pas, tant la crise est profonde.

C'est pourquoi le dispositif annoncé hier par le Premier ministre Edouard Philippe est massif. Il représente "un engagement de plus de 18 milliards d'euros pour les finances publiques". En dehors des mesures générales concernant l'exonération de charges et le chômage partiel (qui bénéficient à tous les secteurs et qui, pour le chômage partiel, sera prolongé jusqu'en septembre dans le secteur), le Plan Tourisme détaillé hier comprend de nombreuses mesures, dont le déblocage d'une enveloppe globale d'aides financières directes de 3,6 milliards d'euros portée par Bpifrance et la Caisse des dépôts (via la Banque des Territoires). "Avec l'effet de levier attendu, notre plan de 3,6 milliards devrait permettre au final d'injecter 15 milliards dans le secteur du tourisme", indique Olivier Sichel, directeur général adjoint de la CDC et directeur de la Banque des Territoires. On arriverait donc à un dispositif proche d'une trentaine de milliards d'euros tout compris. En outre, le cadre réglementaire lui est également favorable puisque le gouvernement entend permettre aux Français de partir en vacances cet été.

A qui la manne annoncée hier profitera-t-elle ? Les grandes entreprises du secteur (Accor, Club Méditerranée, Pierre & Vacances, EuroDisney…) représenteront, en proportion, l'essentiel des mesures d'exonérations et de chômage partiel ; la restauration collective et les services aux entreprises,  comme Sodexo "vont pouvoir bénéficier par l’augmentation du plafond d’utilisation des tickets-restaurants. Le coût d’encaissement, qui compte pour environ 5% du montant du ticket restaurant, sera demandé aux restaurateurs", explique Yi Zhong, analyste chez Alphavalue.

Certaines mesures profiteront à l'ensemble des acteurs. Un Prêt garanti État saison (PGES) sera mis en place et bénéficiera de conditions plus favorables que celle du Prêt garanti par l'Etat (PGE). Son plafond atteindra les trois meilleurs mois de l’année précédente et non plus 25% du chiffre d’affaires. L'hôtellerie dans son ensemble "sera l'un des premiers bénéficiaires de l'augmentation de la demande domestique" dans le cadre du déconfinement, puisque "les exploitants devraient pouvoir commencer à recevoir les réservations ainsi que les paiements anticipés", précise Yi Zhong. En outre, Bpifrance a suspendu pour 6 mois supplémentaires (jusqu'en mars 2021) les échéances de prêts accordés à l'ensemble de ses emprunteurs du secteur (ce qui représente 400 millions d'euros).

En réalité les 3,6 milliards d'euros apportés par Bpifrance et la CDC viseront surtout le tissu des milliers de PME, TPE et professionnels. Bpifrance a par exemple augmenté la capacité de son Prêt Tourisme de 250 millions à un milliard d'euros (toujours sans garantie). Mais son montant maximum unitaire, doublé, reste limité à 2 millions.

La partie du plan de soutien en fonds propres représente 500 millions d'euros. Notamment à travers la collecte de deux fonds : France Investissement Tourisme 2 (FIT 2) doté de 240 millions d'euros, dont les tickets (destinés aux PME et "petites ETI") sont compris entre 0,4 et 7 millions, et le nouveau Fonds Aide Soutien Tourisme (Fast), doté de 80 millions d'euros et dédié aux petites structures. Bpifrance prévoit aussi de débloquer une poche de 150 millions en fonds propres pour "accompagner les ETI et les grandes entreprises stratégiques du secteur". Mais vu sa taille, il y a peu de chance pour que les plus grands acteurs en fassent usage.

Du côté de la Banque des Territoires, les 1,7 milliard d'euros mobilisés (dont 800 millions en fonds propres et quasi-fonds propres et 700 millions en dette à très long terme) seront également prioritairement dirigés vers le tissu de PME et TPE, y compris aux acteurs d'économie mixte et de l'économie sociale.

A partir d'une certaine taille (les ETI et les grandes entreprises), les sociétés ont évidemment un accès plus aisé aux marchés financiers (de capitaux et de dette), mais aussi aux banques dans le cadre de lignes de crédit bilatérales ; quel que soit leur secteur, elles ont d'ailleurs fait grand usage de ces outils depuis le mois de mars. En cas de nécessité et s'ils ne veulent pas se risquer à des augmentations de capital vu la volatilité des Bourse, les grands acteurs du tourisme et de l'hôtellerie auront plutôt directement recours à un PGE voire, pour des fonds propres, à l'Agence des participations de l'Etat (APE) - laquelle détient notamment les parts de l'Etat dans EDF, Renault, Safran ou encore Engie.

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