WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions

Entreprises / Actions

Constellium décroche son PGE

Le fabricant de produits en aluminium, très exposé à l'automobile et à l'aéronautique, a obtenu une garantie d'État à 80% sur un prêt de 180 millions d'euros.
Airbus - usine - industrie - avion
Airbus - usine - industrie - avion

Alors que les négociations avec les banques pour obtenir un Prêt garanti par l'État (PGE) sont parfois difficiles, à l'image de Conforama, Ymagis ou Renault, les choses se passent mieux pour certaines entreprises. Constellium a obtenu la garantie d'Etat pour un prêt de 180 millions d'euros, selon un arrêté du ministère des Finances publié samedi au Journal Officiel.

Le prêt a été accordé par BNP Paribas (qui traîne par ailleurs des pieds dans le dossier Conforama), la Société Générale et la banque publique Bpifrance, qui depuis deux semaines est elle-même en mesure de contribuer à des prêts garantis. La garantie porte sur 80% du montant du PGE, signifiant que le risque sur le solde est porté par les banques prêteuses.

Le groupe spécialisé dans les produits en aluminium (né des cendres de Pechiney, Algroup et Alcan et qui a déplacé son siège social d'Amsterdam à Paris à l'automne dernier) emploie 4.500 personnes en France sur un total de 13.000, pour un chiffre d'affaires de 5,9 milliards d'euros dans le monde. Selon les critères de départ établis par le ministère de l'Économie et des Finances le 23 mars dernier (mais dont les montages postérieurs, en particulier le PGE d'Air France, ont montré qu'ils étaient évolutifs), la garantie est portée à 90% du nominal lorsque la société déclare en France moins de 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Au-delà de 5 milliards, la garantie passait à 70%. Entre les deux, elle atteint 80%. 

Constellium est dans une situation fragile : c'est un fournisseur des industries aéronautique et automobile, qui comptent parmi les secteurs les plus durement touchés par la crise actuelle et qui ont représenté 48% de son chiffre d'affaires en 2019. En outre, Constellium a affiché une perte de 31 millions d'euros au premier trimestre contre un bénéfice de 24 millions d'euros un an plus tôt - alors que les mesures de confinement consécutives à la pandémie n'ont été sensibles en Europe qu'au cours du mois de mars. Ces pertes sont surtout dues à des pertes latentes dans des instruments couvertures vis-à-vis de l'évolution des prix de matières premières.

La baisse de 6% de son chiffre d'affaires a été provoquée par une baisse de la demande. En particulier, "les constructeurs automobiles ont commencé à interrompre leurs opérations à la mi-mars (...) à la fois en Amérique du Nord et en Europe", tandis que "les constructeurs aéronautiques ont également annoncé des interruptions ou des réductions de leurs activités" ; à l'inverse, la demande du secteur emballage (environ un tiers de son chiffre d'affaires) est "restée solide", avait détaillé le groupe à l'occasion de la publication de ses comptes 2019.

Constellium avait néanmoins limité la casse en améliorant sa rentabilité opérationnelle, grâce à une hausse de 9% de son Ebitda, à 147 millions d'euros. Mais faute de visibilité, le groupe avait abandonné ses objectifs financiers pour 2020.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article