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Nexity reste confiant pour l'immobilier malgré un gros trou d'air
L'immobilier a peu été évoqué dans les conséquences de la pandémie de coronavirus sur les secteurs de l'économie, si ce n'est par le biais des centres commerciaux. Pourtant, le logement est le premier poste de dépense des ménages et le BTP a une influence déterminante sur la croissance économique.
L'épidémie a frappé Nexity en plein cœur en provoquant le décès de son directeur général Jean-Philippe Ruggieri fin avril - obligeant son président Alain Dinin à revenir à la barre et cumuler les deux fonctions. Mais pour le premier promoteur immobilier en France, qui organisait hier son assemblée générale, la pandémie ne provoquera pas de crise immobilière profonde. Signe de confiance, l'ensemble des résolutions soumises au vote de l'AG (réunie à huis clos) ont été adoptées - en particulier le dividende au titre de l'année 2019, qui avait été réduit de 2,70 à 2 euros par action début avril pour protéger les liquidités du groupe pendant le temps que durera la crise.
En revanche, les mesures de confinement prises mi-mars ont eu pour effet immédiat de faire tourner les chantiers au ralenti, tout en gelant de nombreuses transactions immobilières et en fermant les agences immobilières - Nexity est propriétaire du réseau Century 21. L'instruction administrative des permis de construire a considérablement ralenti. Le confinement a coûté à Nexity 130 millions d'euros de revenus au cours des deux dernières semaines du mois de mars, expliquant la baisse de 11 % de son chiffre d'affaires au premier trimestre.
À plus long terme, puisque l'on est entré en phase de déconfinement progressif et que Nexity estime que l'ensemble de ses chantiers devraient avoir repris début juin, la crise économique devrait peser sur la demande cette année. Pour les particuliers, elle a provoqué des licenciements et incite à la prudence ceux qui ont pu conserver leur emploi. Certains risquent d'annuler purement et simplement leur projet de construction, tandis que d'autres regarderont probablement à deux fois avant de se lancer dans un projet d'équipement ou de rénovation.
Même doute quant aux collectivités locales, ce qui pénalisera le secteur des travaux publics, formant un cercle vicieux. Selon la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), la crise pourrait ainsi coûter jusqu'à neuf milliards d'euros aux collectivités locales, notamment parce que l'arrêt du marché immobilier les a privées des impôts locaux qu'elles prélèvent sur ces transactions. La FNTP demande d'ailleurs un soutien à la commande publique. Ce d'autant plus que les années d'élections municipales (dont le deuxième tour a été reporté) ont déjà tendance à ralentir la délivrance de permis de construire.
Le gouvernement a pris conscience de l'enjeu. Le bâtiment "est un secteur absolument vital pour l'économie française. Ça peut être le symbole du redémarrage économique français", affirmait Bruno Le Maire le 11 mai, premier jour du déconfinement. Le secteur pèse plus de 5 % du PIB de la France.
Alain Dinin ne croit pas à un retour à la normale avant la fin de l'année, a-t-il d'ailleurs déclaré dans un entretien au Journal du Dimanche. "Pour la promotion immobilière, l'année 2020 sera en baisse importante, d'au moins 100 000 logements", a-t-il déclaré dans la dernière édition de l'hebdomadaire dominical. Mais il estime qu'elle repartira à terme, la demande de logements étant tirée par la démographie et le déficit d'offre structurel. Tout en appelant à un plan de relance gouvernemental dans le logement neuf, il affirme qu'il "n'y aura pas de baisse massive des prix de l'immobilier" dans les grandes villes ou les zones de croissance. Le besoin se situe "entre 350 000 et 400 000 logements par an. Or, en 2020, on va descendre un peu en dessous de 300 000 et en 2021, en dessous de 280 000", illustre le P.-D.G.
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